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Guerre commerciale : le cri du cœur des entreprises américaines
En plein envenimement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, les entreprises américaines sont inquiètes et le font savoir. Pas moins de 661 d’entre elles, dont Walmart, Target ou encore Levi Strauss, ont ainsi signé et envoyé hier une lettre ouverte à Donald Trump, intitulée "les tarifs pénalisent l’Amérique profonde", et dans laquelle elles expriment leurs inquiétudes sur les tarifs commerciaux décidés contre le partenaire chinois.
Si elles admettent les efforts de l’administration pour "répondre à des pratiques commerciales injustes, notamment des violations de propriété intellectuelle, des transferts de technologie forcée et plus" et l’encouragent à trouver un accord, elles jugent qu’il peut être trouvé sans que cela se fasse au détriment des Américains.
"Nous restons inquiets concernant l’escalade des tarifs de représailles", exprime la lettre, jugeant qu’ils vont avoir un impact négatif, significatif et de long terme sur les entreprises, familles et sur l’économie américaine. Car les tarifs sont des taxes directes payées par les Américains, chiffres à l’appui : "selon le Trade Partnership Worldwide, des tarifs de 25 % sur 300 millions de dollars de produits supplémentaires conduiraient à la perte de plus de 2 millions d’emplois US, augmenteraient de plus de 2.000 dollars les coûts pour une famille moyenne de quatre américains, et réduiraient le PIB de 1 point". Sans parler des soubresauts des marchés, et de leur impact sur la croissance réelle de l’économie. Et de conclure : "l’escalade de la guerre commerciale n’est pas dans le meilleur intérêt du pays, et les deux camps perdront".
Les projections publiées régulièrement depuis plusieurs mois confirment ces propos. Derniers en date : selon FactSet, les entreprises qui dégagent plus de 50 % de leurs revenus de l’étranger pourraient subir une baisse de 9,3 % de leurs profits au deuxième trimestre. Et la situation pourrait empirer si les tarifs additionnels sont mis en place : selon les stratégistes de JP Morgan, le S&P 500 pourrait décrocher de 13 % dans un tel scénario.
Pourtant, les experts de la banque pensent aussi que les marchés américains ne vont pas basculer en correction trop longtemps, pour la simple raison que Donald Trump lui-même suit de près leur évolution et aura à cœur de contrer une chute trop brutale. "L’économie américaine fait face à une situation assez unique dans laquelle un individu peut disrupter le commerce mondial et les plans d’investissement des sociétés US, taxer les consommateurs sur de nombreuses importations, etc.", écrit ainsi Marko Kolanovic, stratégiste monde dérivés et quantitative. "Pour ces raisons, pourquoi ne sommes-nous pas négatifs sur les actions et l’économie ? Car cette situation peut être renversée à court terme et de nombreux segments prennent déjà en compte le pire scénario".
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