Macro-économie / Taux / Allianz Trade / Guerre commerciale / croissance / commerce international
Macro-économie / Taux
Allianz Trade / Guerre commerciale / croissance / commerce international
Un reroutage des importations qui n’empêche pas le commerce mondial de marquer le pas / La guerre commerciale et un déficit d’investissement en cause
Une guerre commerciale dont les effets se font attendre. Qu’il s’agisse des consommateurs ou des échanges, l’impact semble largement retardé à l’année prochaine. Cette fois-ci c’est Allianz Trade qui explique que c’est 1,3 des 2 points de pourcentage de croissance du commerce en 2025 qui sont imputés tant à la diversification commerciale, au réacheminement du commerce à destination des États-Unis et à l’anticipation de la mise en place des droits de douane.
La croissance est d’autant plus en berne que la dynamique souffre de la fragmentation géopolitique. Les équipes d’Allianz Trade chiffrant qu’une "augmentation de + 10 % de la distance géopolitique réduit le commerce bilatéral de -2 %, soulignant l’importance de l’alignement politique et de la flexibilité des chaînes d’approvisionnement". L’année dernière aurait vu les restrictions commerciales tripler, concernant pas moins 20 % des importations mondiales de marchandises - 2 700 milliards de dollars de marchandises – et précipitant la hausse du "friendshoring" et la régionalisation.
Long terme
Reste que, Ana Boata, directrice de la recherche économique chez Allianz Trade, explique que les routes "établies" ne sont pas délaissées pour autant et "continuent de transporter plus de la moitié du commerce mondial ". C’est avant tout la vulnérabilité accrue des chaînes d’approvisionnements qui est mise en avant par ses soins, indiquant qu’il était devenu possible qu’une perturbation importante de l’approvisionnement puisse "entraîner un doublement temporaire des tarifs de fret conteneurisé ". Aucun des hubs mondiaux ne serait épargné avec à la fois des hubs asiatiques et européens qui "sont de plus en plus exposés aux risques politiques ou climatiques", là où les canaux de Suez et de Panama sont en "tête de liste des points de congestion à haut risque " notamment de part l’absence d’alternatives.
Il suffirait d’un "déficit de l’offre de 20 % des volumes de conteneurs" se produise pour que ce scénario d’explosion des tarifs se produise. Les changements à l’œuvre ces dernières années restant pour l’heure largement insuffisants ; qu’il s’agisse d’itinéraires plus coûteux mais fiables – le cap de Bonne-Espérance – ou d’infrastructures conséquentes tels que le nouveau port de Chancay au Pérou – avec la Chine au financement – pouvant être sous utilisées. D’autres possibilités telles que la route maritime nordique de l’Arctique ou encore les lignes interocéaniques latino-américaines sont quant à elles qualifiées de paris stratégiques, avec une rentabilité jugée "lointaine sans une réduction substantielle des risques".
Manque
Une autre tendance menace le commerce mondial, explique Ana Boata. Certains des nouveaux pôles commerciaux et industriels souffrent d’un manque d’infrastructures commerciales. Les pays émergents concentrent en effet quelque 7 100 milliards de dollars des 10 000 milliards de dollars de déficit sur la question. L’arrivée de nouveaux acteurs notamment chinois - la BRI 2.0 avec quelque 100 milliards de dollars supplémentaires – ou le Global Gateway de l’UE – doté de 300 milliards d’euros - et le PGII du G7 - 600 milliards de dollars - n’empêchent point que "le financement reste inégal : les pays à faible et moyen revenu n’attirent que 20 % du total des investissements privés dans les infrastructures".
Le Vietnam arrive cependant à tirer son épingle du jeu, tirant parti de son nouvel accord tarifaire avec les États-Unis étant parvenu à consolider "son rôle au cœur du réacheminement de la production asiatique " et occupant la deuxième place du classement actualisé des pôles commerciaux de nouvelle génération pour 2025 d’Allianz Trade. Le podium étant complété des Émirats arabes unis – première place – et de la Malaisie – troisième place – dont les ports de Jebel Ali et Port Klang connectent efficacement l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite n’est pas très loin derrière et remporte la médaille en chocolat – gagnant 11 places en un an – et ce de part des exportations non pétrolières en nette croissance.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

