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Bilan record pour la BCE

Ce matin, la Banque centrale européenne a publié ses résultats financiers pour 2016. Une année marquée par sa politique de rachats d’actifs qui fait gonfler son bilan à un niveau jamais atteint. Par ailleurs, La BCE se dit prête à apporter de nouvelles modifications à son dispositif de prêts de titres obligataires.
BCE - siège - euros
BCE - siège - euros

Est-ce que la Banque centrale européenne se met en péril avec sa politique monétaire accommodante et ses rachats d’actifs ? Pour rappel, elle s’est engagée sur un programme d’un montant de 60 milliards d’euros par mois relevé à 80 milliards d’euros depuis le 1er avril 2016. Selon les états financiers arrêtés au 31 décembre 2016, la BCE affiche un bénéfice net de 1,19 milliard d’euros (en hausse de +10% sur un an) dont 1,04 milliard issus des produits nets d’intérêts des titres acquis dans le cadre de sa politique monétaire et 0,37 milliard de produits d'intérêts sur les avoirs de réserve de change.

A noter, en parallèle (mais l'impact est plus anecdotique qu'autre chose), une forte hausse des pertes latentes, passées de 64 millions d’euros à 148 millions en l’espace de 52 semaines. La BCE se veut rassurante sur cette tendance : “Cet accroissement, en 2016, des moins-values latentes s’explique principalement par l’augmentation des rendements de marché des titres détenus dans le portefeuille libellé en dollars et par la baisse globale de la valeur de marché de ces titres. Sur la base des résultats des tests de dépréciation menés sur les titres détenus dans les portefeuilles de politique monétaire, aucune perte pour dépréciation n’a été enregistrée.”

Là où le Quantitative Easing s’illustre le plus c’est au niveau du bilan de la BCE. Il s’est alourdi en passant de 257 milliards d’euros à fin 2015 à 349 milliards d’euros à fin 2016, soit un bond de 36% en douze mois. “Cette augmentation résulte essentiellement des achats de titres effectués dans le cadre de l’APP [asset purchase programme, ndlr], explique un communiqué du Conseil des gouverneurs. L’appréciation des avoirs de réserve de change détenus par la BCE y a également contribué.” Le bilan de l'Eurosystème a lui aussi fortement augmenté : +32% à 3 663 milliards d’euros. Le poids des titres détenus dans le cadre de la politique monétaire a doublé en s’affichant à 1.654 milliards d’euros contre 803 milliards, il y a un an.

La taille des bilans de la BCE et de l’Eurosystème va encore augmenter en 2017, mais probablement dans une moindre proportion en raison de la réduction de 80 à 60 milliards d’euros de l’enveloppe mensuelle consacrée aux rachats d’actifs. Selon certaines estimations, celui de la BCE pourrait dépasser les 450 milliards d’euros et celui de l’Eurosystème se rapprocher des 5 000 milliards d’euros. Un tel niveau ne va pas être neutre sur l’évolution des taux d’intérêts à long terme, surtout après la fin du QE qui n'interviendra que dans quelques mois. “Si les taux d’intérêt à long terme sont déterminés par l’équilibre entre les stocks d’obligations offertes et demandées, l’arrêt du Quantitative Easing aura peu d’effets sur les taux d’intérêt à long terme, puisque le bilan de la Banque Centrale ne diminue pas, souligne Patrick Artus, directeur de la recherche chez Natixis. Par contre, si les taux d’intérêt à long terme sont déterminés par l’équilibre entre les flux d’obligations achetées et vendues, l’arrêt du Quantitative Easing devrait provoquer une hausse brutale des taux d’intérêt.”

Par ailleurs, La BCE se dit prête à apporter de nouvelles modifications à son dispositif de prêts de titres obligataires après qu'une pénurie de collatéral a menacé de perturber le fonctionnement des marchés financiers à la fin de l'année dernière, comme mentionné dans les minutes du Conseil des gouverneurs du 19 janvier publiées ce jour. La pire pénurie d'obligations d'Etat allemandes et françaises constatée jusqu'à présent et intervenue juste avant le Nouvel An a obligé des intervenants à payer des taux record pour emprunter ce type de papiers et les utiliser comme collatéral en garantie de positions de trading. "Dans ce contexte, le Conseil des gouverneurs devrait surveiller étroitement les développements de marché et l'utilisation des facilités d'emprunt (de titres), et se montrer prêt à faire de nouvelles adaptations si nécessaire", est-il écrit dans le document.


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