Macro-économie / Taux / commission européenne / Indicateurs macros
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commission européenne / Indicateurs macros
La reprise ne laisse – pour l’instant – personne derrière
L’on se doit d’être méfiant avec les chiffres afférents à la conjoncture macroéconomique qui sont publiés ces derniers temps. En effet, après des chutes historiques en mars ou en avril, certains d’entre eux rebondissent de manière impressionnante. Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’au-delà de leur variation, il faut surtout se focaliser sur leur niveau. Comme l'analyse William de Vijlder, chef économiste de BNP Paribas, "ce rebond est mécanique car il est très largement lié à la fin du confinement, ce qui revient à dire 'l’économie rouvre!' et l’offre redémarre". C’est dans ce contexte, qu’en fin de matinée, la Commission européenne a rapporté une hausse historique du sentiment économique pour le mois de juin en zone euro.
L’indice associé à cette enquête, menée auprès des consommateurs et des entreprises, a augmenté de 8,2 points au mois de juin et il atteint désormais 75,7. Rappelons que la moyenne historique de cet indice est de 100 et qu’il situait à 103,4 avant la crise économique (en février). Sous l’effet des mesures de restriction en vigueur au sein des Dix-neuf, il avait atteint un plus bas historique en avril à 58,9. Pour l’instant, le sentiment économique n’a donc recouvré qu’un peu plus d’un tiers (37,8%) de son niveau d’avant-crise. Les cinq plus grosses économies de la zone euro en ont profité, celui de la France a grimpé de 9,4 points, soit une hausse semblable à celles observées aux Pays-Bas (8,3 points), en Espagne et en Italie (8,2 points), ainsi qu'en Allemagne (6,6 points).
Dans le détail, le moral au sein de l’industrie a poursuivi sa reprise du mois dernier (gain de 5,8 points pour atteindre -21,5), mais reste bien loin de son niveau d’avant-crise (-6,2). Cette amélioration est le fruit d’une nouvelle hausse des prévisions de production, qui sont maintenant presque revenues à leur niveau de février (-0,5 en juin contre 4,7 en février après avoir dégringolé à -47,4 en avril). Un parfum de reprise se fait également sentir dans les services, dont l’indice de confiance a augmenté de 8 points: c’est la première hausse depuis le mois de février. Un rebond dû à une forte hausse de la demande qu’anticipent les entreprises à trois mois. Dans le commerce de détail, cela va également mieux (gain de 10,4 points pour atteindre -19,4 points mais loin du -0,2 de février) grâce à l'amélioration des anticipations des chefs d'entreprise sur l'activité future. Enfin, la confiance dans le secteur de la construction a rebondi (+4,9 points à -12,4) mais demeure loin de son niveau de long terme (9,3).
D'autre part, l'indicateur des attentes en matière d'emploi a continué d'augmenter le mois dernier (+12,7), ce dans tous les secteurs. L'amélioration des perspectives sur l'emploi a permis à l'indicateur de recouvrer, selon les secteurs, entre 40 et 60% des pertes enregistrées en mars et avril. Pour Rosie Colthorpe, économiste d'Oxford Economics, cela envoie le message de difficultés persistantes sur le marché de l'emploi malgré l'amélioration des anticipations. "Nous nous attendons à ce que le taux de chômage atteigne 9,9 % au troisième trimestre, car les licenciements augmentent dans les entreprises qui ne sont plus viables dans le monde post-pandémique", prévoit Rosie Colthorpe.
Bert Colijn, économiste senior chez ING rappelle que l'ampleur des dégâts causés par la période de confinement reste encore inconnue. Et pourtant, selon l'économiste, c'est ce qui déterminera la vitesse du rebond et donc le retour aux niveaux d'avant-crise. Les données d'aujourd'hui de la Commission européenne sont source d'espoir, notamment sur l'emploi, mais la reprise sera encore longue, termine Bert Colijn.
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