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Le Brent s’échangeait à 50 dollars le baril ce matin et pourtant ….

Macro-économie / Taux / pétrole

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Le Brent s’échangeait à 50 dollars le baril ce matin et pourtant…

Joyeux constat pour les pétroliers et parapétroliers : le baril de Brent se maintient depuis hier après-midi autour de 50 dollars le baril, porté par les annonces de campagnes de vaccination. Une fois de plus, le prix d’échange sur les marchés de l’or noir ne reflète pas la réalité.
Puits de pétrole
Puits de pétrole

Hier après-midi, le baril de Brent qui tient lieu de référence mondiale, a vu sa cote dépasser les 50 dollars (+2,8 %), seuil symbolique d’un retour au cours prépandémique. Son voisin américain, le baril WTI prenait aussi 2,6 % s’élevant à 46,90 dollars le baril, du jamais vu depuis mars dernier. Le nouvel espoir d’un retour à la demande, suscité par le lancement des premières campagnes de vaccination contre le Covid-19, semble peser bien davantage aux yeux des investisseurs que la réalité du secteur dépeinte par l'agence américaine d'Information sur l'énergie (EIA) ce mercredi. "Il semble que l'argent bon marché, l'optimisme sur les marchés boursiers et l'espoir que la demande se normalisera bientôt grâce aux vaccins compte plus que la réalité", selon l'analyste Eugen Weinberg, de Commerzbank. 

Le rapport de l’EIA déclare pourtant que les stocks commerciaux ont très fortement augmenté aux États-Unis, la hausse s’élève à 15,2 millions de barils concernant la semaine dernière alors que le consensus des économistes prévoyait une baisse de 850.000 barils. La dernière fois que les stocks avaient autant augmenté, le 22 avril dernier, le secteur pétrolier était en pleine débâcle : tous les centres de stockage européens et américains étaient saturés malgré la hausse de 50 % à 100 % des coûts de stockage. Les producteurs en venaient même à louer des supertankers pour stocker leur pétrole en mer. Ils étaient prêts à payer 335.000 dollars par jour (coût de la location d’un navire-citerne) plutôt que de brader sur les marchés leurs quelque 2 millions de barils stockés par navire. Il faut espérer que le nouvel excèdent d’offre actuel n'entraîne pas le retour à un tel déséquilibre entre l’offre et la demande.

Pendant ce temps-là, à Abu Dhabi…

Autre facteur de tension dont les investisseurs ne semblent pas tenir compte : le prince héritier d'Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed, et le P.-D.G. de la compagnie pétrolière nationale d'Abou Dhabi (ADNOC), le sultan Ahmed Al Jaber, ont estimé que le temps était venu de récolter les fruits de leurs investissements à grande échelle dans le pétrole et le gaz. Seulement une semaine après que l’OPEP+ soit finalement parvenu à un accord, la compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis se rebelle. Elle avait déjà manifesté son mécontentement lors des discussions, estimant les quotas de production trop contraignants, et l’effort à fournir par les pays du Golfe disproportionné. Alors qu’il semblait que les pays soient malgré tout parvenu à s’entendre, ADNOC a annoncé hier avoir attribué à la compagnie pétrolière américaine Occidental une concession d'exploration pétrolière et gazière lors de son deuxième appel d'offres. Ce signe clair de la part du membre de l'OPEP, d’une détermination à augmenter sa capacité de production, ne présage rien de bon quant au futur accord du cartel le 4 janvier prochain.

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