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L’inflation élevée ne facilitera pas le désendettement, prévient le FMI
Dans un contexte d’explosion de l’endettement public liée à la pandémie, la récente accélération de l’inflation à travers la planète apparaît à certains comme une divine surprise pour digérer le choc du Covid-19. Et pour cause, cette augmentation inattendue des prix a conduit la dette publique mondiale en pourcentage du Produit intérieur brut (PIB) à s’afficher 2 points en dessous de ce qui était escompté pour 2021 par le Fonds monétaire international (FMI) – 1,8 point pour les économies avancées et 4,1 points pour les pays émergents. "Il est vrai qu’une inflation surprise contribue à réduire les ratios d'endettement", reconnaît Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires du FMI et ancien ministre des Finances du Portugal, à l’occasion de la publication du Fiscal Monitor.
Les déficits publics profitent eux aussi d’une hausse non anticipée des prix à la consommation. En effet, les impôts sont collectés sur la base des revenus nominaux, aussi les recettes fiscales ont tendance à croître mécaniquement avec la progression du PIB en valeur. En face, les dépenses publiques réagissent moins à une inflation surprise de faible ampleur étant donné qu'elles sont la plupart du temps pré-engagées en termes nominaux. "Les données suggèrent que les surprises d'inflation sont associées à des déficits budgétaires plus faibles à court terme, bien que les pressions sur les dépenses soient susceptibles d'augmenter avec le temps", indique ainsi le FMI.
C'est pourquoi la lune de miel pourrait être de courte durée. En effet, les Banques centrales amorcent un virage moins accommodant pour combattre la bosse d’inflation plus élevée et plus longue qu’attendu. Ainsi, les coûts de financements des États et donc à terme leur charge d’intérêt (elle fait partie des dépenses publiques) pourraient croître. "En moyenne, dans les économies avancées, pour chaque augmentation de 100 points de base du taux directeur, le taux d'intérêt effectif du gouvernement augmente d'environ 30 points de base un an plus tard", estiment les économistes du FMI. "Dans un régime d'inflation élevée et volatile en permanence, l'attractivité des obligations souveraines est compromise, ce qui rend plus difficile le maintien de niveaux d'endettement élevés", avertit Vitor Gaspar.
Pour mémoire, inflation modérément élevée et répression financière (décisions prises par l’État lui permettant de se financer à un coût inférieur à celui qu’il devrait normalement supporter, en fléchant autant que possible l’épargne disponible vers ses besoins) furent deux des mamelles du désendettement public après la Seconde Guerre mondiale. Or, "la crise du COVID-19 pourrait ne pas aboutir au même schéma, car la probabilité qu'une inflation plus élevée entraîne une hausse des taux d'intérêt souverains est plus importante qu'après-guerre : les échéances de la dette consolidée du secteur public sont plus courtes, une plus grande part de la dette est indexée sur l'inflation et il existe davantage d'opportunités d'investissement alternatives à la dette souveraine", juge le FMI.
"Alors que la politique monétaire se réoriente pour lutter contre l'inflation, la politique budgétaire doit également pivoter pour maintenir la soutenabilité de la dette. En d'autres termes, les contraintes budgétaires sont de retour - et elles sont contraignantes !", résume Vitor Gaspar.
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