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Macro-économie / Taux / BRI / Agustín Carstens / impôt

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BRI / Agustín Carstens / impôt

La BRI défend la progressivité de l'impôt

Les politiques budgétaires des économies émergentes ont connu plusieurs tournants ces dernières années et il en ressort, selon la Banque des règlements internationaux, que la diminution de la progressivité de l’impôt a contribué à augmenter la dette publique.
Township. RAJESH JANTILAL / AFP
Township. RAJESH JANTILAL / AFP

La réduction de la redistribution aurait "contribué à l'augmentation des inégalités dans de nombreux endroits" et rendu également "la politique monétaire moins efficace". La Banque des règlements internationaux (BRI) n'épargne pas les politiques mises en place dans les économies émergentes depuis le début du siècle. Une des dernières publications de la BRI, traitant de "Hystérésis des inégalités: l'efficacité de la politique de stabilisation macroéconomique", avance que la réduction de la redistribution par le biais de la politique budgétaire "a coïncidé avec une accélération [...] de l'accumulation de la dette publique".

Cette augmentation peut alors constituer une "contrainte majeure pour la politique monétaire" via les "besoins de financement importants" engendrés. Ces derniers ayant tendance à pousser les banquiers centraux "à adopter une position plus accommodante" éventuellement au-delà de ce que la stabilisation de la production et de l'inflation prescrirait.

Face à ce constat l'institution dirigée par Agustin Carstens préconise que "le fait de remettre l'accent sur des politiques de redistribution plus ambitieuses serait sans aucun doute le moyen de lier l'agenda politique pour la réduction des inégalités à un ensemble de politiques de stabilisation macroéconomique adéquatement équilibré". Le dirigeant mexicain de la BRI évoque à ce sujet la dangerosité de "l'effet de cliquet des récessions sur l'inégalité", comme un des éléments contribuant à l'échec des politiques de redistribution pour "contenir l'augmentation de l'inégalité".

L'institution bâloise compte continuer à investiguer sur le sujet pour une meilleure intégration des inégalités dans les modèles macroéconomiques. Une attention toute particulière devrait être portée sur "l'interaction entre le cycle économique, la transmission monétaire, les politiques budgétaires et l'inégalité".

Jean Pisani-Ferry, sollicité pour préfacer la publication, avertit lui aussi du risque induit par une hausse des inégalités "synonyme de récessions plus profondes [...] et d'une efficacité réduite de la stabilisation budgétaire". Ce qui ne manquerait pas d'entraîner des "réponses structurelles et fiscales plus fortes (de la part des banques centrales ndlr) pour empêcher le développement d'un cercle vicieux". Il souligne également qu'il "existe désormais suffisamment de preuves pour susciter un débat plus approfondi sur les conséquences distributives de la politique monétaire". Pour Jean Pisani-Ferry, un vrai débat doit ainsi émerger sur "la manière dont les inégalités dominantes influencent l'efficacité de cette politique".

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