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Les Vingt-Sept renoncent presque entièrement au pétrole russe
Parmi l’ensemble des trains de sanctions sur lequel se sont accordés les Vingt-Sept pays de l’Union européenne (UE), celui adopté (il s’agit du sixième) hier fut sans doute le fruit des négociations les plus âpres. Et pour cause, l’un des enjeux était de renoncer au pétrole russe, une énergie fossile dont sont fortement dépendants plusieurs États membres du l’UE (la consommation intérieure brute d’énergie de l’UE en est plus tributaire que le charbon en comparaison, qui fait déjà l’objet d’un embargo). Il n’en demeure pas moins qu’un accord a été trouvé entre les chefs d’Etat et de gouvernement du Vieux continent.
"Grâce à cet accord, le Conseil devrait à présent être en mesure de finaliser une interdiction de près de 90 % de l'ensemble des importations de pétrole russe d'ici la fin de l'année", a annoncé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Pour rappel, deux tiers du pétrole russe importé par l’Union européenne est livré par la mer (navire-citerne), le reste est acheminé par l’oléoduc Droujba. La partie nord de ce dernier traverse l’Allemagne et la Pologne qui se sont formellement engagées à ne plus y avoir recours d’ici la fin 2022. Cette part des importations additionnée au pétrole livrée par la mer représente donc 90 % des importations communautaires.
La dizaine de pourcents restante trouve son origine dans la partie du sud de Droujba qui alimente la Hongrie, la Slovaquie ainsi que la République tchèque ; des États membres de l’UE qui bénéficient donc pour le moment d’une exemption concernant l’application de cette sanction à l’encontre de la Russie. Charles Michel, président du Conseil européen et Ursula von der Leyen ont tous deux affirmé en conférence de presse que cette exemption serait levée "aussitôt que possible". "Nous reviendrons bientôt sur la question des 10 % restants de pétrole acheminé par oléoduc", a ainsi déclaré l’Allemande.
Des livraisons de pétrole (non russe) depuis la Croatie ont notamment été évoquées pour être en mesure de mettre fin aux exemptions. "En Croatie se trouve un oléoduc nommé Adria dont les capacités pourraient être dopées en vue d’acheminer le pétrole dont la Hongrie a besoin. Le temps nécessaire pour que ces capacités soient accrues est estimé entre 46 et 60 jours et cela nécessitera des investissements", a précisé Ursula von der Leyen, qui a ajouté que les raffineries hongroises devraient être adaptées en vue de pouvoir traiter le pétrole provenant de la mer Adriatique. Ce dernier possédant des caractéristiques différentes de celui en provenance de Russie.
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, l’Union européenne aurait versé environ 30 milliards d’euros à la Russie en échange de son pétrole, d’après le système de comptage en temps réel mis au point par le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA).
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