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Droit de la concurrence / TF1 / m6 / Fusion / Autorité de la concurrence

Droit de la concurrence
TF1 / m6 / Fusion / Autorité de la concurrence

Fusion TF1-M6 : une situation inextricable ?

En réponse aux doutes émis fin juillet par l'Autorité de la concurrence quant à leur projet de fusion, les groupes TF1 et M6 proposent de séparer pendant trois ans leurs régies publicitaires respectives. Une solution peu satisfaisante et qui ne résoudrait pas tous les problèmes soulevés par l'opération, selon un fin connaisseur du dossier. 
Nicolas de Tavernost, actuel patron de M6, devrait prendre les commandes du nouvel ensemble en cas de fusion avec TF1.
Nicolas de Tavernost, actuel patron de M6, devrait prendre les commandes du nouvel ensemble en cas de fusion avec TF1.

"L’opération n’est pas totalement morte mais elle est très fortement menacée", confie à WanSquare un proche du dossier. Les groupes TF1 et M6 ont proposé la semaine dernière à l’Autorité de la concurrence, en réponse à un premier avis défavorable émis par cette dernière quelques semaines plus tôt, un remède qui serait, selon eux, susceptible de convaincre le régulateur de donner son feu vert au projet de fusion des deux chaînes : une séparation stricte des régies publicitaires respectives des deux entités pendant trois ans à compter de la fusion, voire pendant six ans.

 

Des remèdes inutiles

 

Fin juillet, le gendarme de la concurrence ne s'est pas montré, en effet, favorable à l’opération au motif que la fusion conduirait à un quasi-monopole du nouvel ensemble en termes de publicité en permettant aux deux acteurs de capter jusqu’à 75% des parts de marché de la publicité en France. "Dans des opérations de concentration telles que celle-ci, le régulateur examine la position que vont acquérir les parties une fois la fusion réalisée. Or, en l’espèce, une position sur le marché de la publicité télévisuelle de l’ordre de 75% est inconcevable pour l’Autorité de la concurrence", explique cet expert.

Pour y remédier, l’Autorité de la concurrence avait suggéré une solution : "Ce qu’aurait voulu le régulateur, c’est la cession de l’une des deux chaînes majeures, soit TF1 soit M6, ce qui rendrait l’opération de fusion totalement inutile ", observe-t-il. Cependant le remède proposé par TF1 et M6 ne semble pas non plus avantageux sur le long terme, et ce pour les principaux protagonistes eux-mêmes. "Garder séparer des régies publicitaires n’a aucun intérêt pour les deux parties puisque l’enjeu de la fusion est justement de créer une force de frappe vis à vis des annonceurs et de faire du nouvel ensemble un acteur attractif. De plus, une séparation représenterait un certain coût pour les deux entités ", souligne cette source.

 

Deux définitions de la publicité

 

Changer la définition du marché de la publicité serait donc alors la solution idéale, selon cet expert. "Le moyen le plus efficient pour faire accepter la fusion est d’expliquer, comme ont essayé de le faire TF1 et M6, que le marché pertinent n’est pas uniquement celui de la publicité télévisuelle mais un marché plus large qui impliquerait également la publicité sur internet, de plus en plus séduisant pour les annonceurs ", estime la source. "Avec cette nouvelle prise en compte, la part de marché captée par les groupes TF1 et M6 se retrouverait fortement réduite ", poursuit-elle.

C’est pourquoi, l’idée de la séparation de régie apparait, selon ce spécialiste, comme un premier compromis. "Si l’Autorité de la concurrence n’est pas prête à changer de philosophie, la période de trois ans de séparation des régies proposées par les deux acteurs leur permettrait de gagner du temps. Le secteur est en pleine mutation", pense le spécialiste.

 

Des forces contraires

 

Toutefois, encore faudrait-il que la concentration de publicité ne soit que le seul problème que pose le projet de fusion. "Il existe également la question de l’acquisition des droits sur les séries, la fiction, les compétitions sportives…sans compter la distribution qui est également un enjeu majeur de la fusion vis-à-vis des opérateurs Telecom qui intègrent les chaînes dans leur package d’abonnement. Or, sur ce sujet, l’opérateur Free est un opposant de la fusion ", explique cette source.

Un lobbying fort qui pourrait à terme, selon elle, empêcher Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, de valider finalement la fusion en cas d’avis défavorable définitif de la part de l’Autorité de la concurrence. "Le gendarme et les services de Bercy sont en contact permanent. Forcer la fusion de la part du ministre signifierait une opposition frontale entre cette autorité indépendante et le gouvernement ", explique ce proche du dossier. A noter que les auditions devant le Collège de l’antitrust sont prévus pour les 5 et 6 septembre prochains.

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