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Berlin rabroue la France pour le poste de commissaire à l'Economie

Le ministre des Finances allemand a émis des doutes quant à la capacité des français à gérer le portefeuille des affaires économiques et monétaires. Jean-Claude Juncker a rappelé de son côté qu’il n’avait rien promis à la France.
Pierre Moscovici
Pierre Moscovici

Si les 28 chefs d’Etat devraient nommer ce soir le responsable de la diplomatie européenne ainsi que le président du Conseil, ils se contenteront de discuter des candidats aux autres postes de commissaire, sans se prononcer définitivement. Mais déjà, certains Etats ont donné leurs avis sur les potentiels candidats de leurs voisins.

La France convoite depuis le début le poste de commissaire à l’Economie, et, selon des déclarations explicites de Pierre Moscovici, le président François Hollande aurait convenu avec lui de le soutenir à Bruxelles au moment de son départ de Bercy. Il risque pourtant de se heurter à la réticence de l’Allemagne, comme l’ont souligné les déclarations du ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, hier. Lors d’une réunion organisée par le Centre de politique européenne à Fribourg, ce dernier a émis des réserves concernant la candidature française, soulignant les difficultés de l’Hexagone à ramener son déficit à hauteur de 3% du PIB.

Sachant que la nouvelle Commission devra examiner à l’automne le plan budgétaire de la France, il serait de mauvais ton, si le programme de l'Hexagone était rejeté, que le commissaire aux affaires économiques soit justement français. D’autant que si le texte est rejeté, l’Hexagone s’expose cette fois-ci à des sanctions. Or le commissaire aux Affaires Economiques est justement celui qui est chargé d’exercer ou non des sanctions en cas de déficit excessif. L’Allemagne n’est pas la seule à bouder l’ancien ministre des Finances de l’Hexagone ; ainsi, le parti libéral FDP au Parlement a également fermement rejeté sa candidature. Le président de la délégation, Alexander Graf Lambsdorff, a déclaré que Pierre Moscovici était en partie responsable du creusement du déficit de son pays.

La rébellion d’une bonne partie des députés européens de l’Hexagone contre Jean-Claude Juncker ne devrait pas non plus aider Pierre Moscovici dans sa course à la Commission. Sur 74 députés français, seule une minorité a soutenu le nouveau président hier au moment de sa nomination. Ceux d’extrême droite, de gauche ainsi que les radicaux ont voté contre Juncker ou se sont abstenus. Le luxembourgeois n’a d’ailleurs pas manqué de rétorquer face à la fronde des élus français, en rappelant lors d’une conférence de presse qu’il « n’avait promis aucun poste, contrairement à ce qu’avaient compris certains médias français ». Et répété qu’il privilégierait les candidatures féminines… Les premières tractations de ce soir devraient donner un premier aperçu de la prochaine commission. Mais la bataille pour les grands portefeuilles s’avère d’ores et déjà serrée.

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