WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / dette publique mondiale / ONU

Macro-économie / Taux
dette publique mondiale / ONU

L’ONU émue par le niveau de la dette publique / Les pays en développement asphyxiés

En deux décennies, la dette publique mondiale a quintuplé tandis que le PIB planétaire n’a “que” triplé, rappelle l’Organisation des nations unies, qui déplore les conséquences pour les pays en développement.
Antonio Guterres, secrétaire général de l'Organisation des nations unies - Selcuk Acar / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Antonio Guterres, secrétaire général de l'Organisation des nations unies - Selcuk Acar / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L’Organisation des nations unies (ONU) tire la sonnette d’alarme sur la dette publique. Elle s’établit à 92 000 milliards de dollars, soit une multiplication par cinq depuis 2000, alors que le Produit intérieur brut (PIB) planétaire, lui, (100 200 milliards de dollars) a progressé de seulement 200 % en vingt-deux ans. Cela “exige une action immédiate pour lutter contre l’escalade des crises qui touchent en particulier les pays en développement”, a jugé l’institution basée à New York.

Les pays en développement doivent près de 30 % du total, dont environ 70 % sont attribuables à la Chine, à l’Inde et au Brésil, toutefois la dette publique a augmenté plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays développés au cours de la dernière décennie.

“L’augmentation de la dette dans le monde en développement est principalement due aux besoins croissants de financement du développement - exacerbés par la pandémie de COVID-19, la crise du coût de la vie et le changement climatique - et à des sources de financement alternatives limitées”, indique le rapport de l’ONU.

Tant et si bien que le nombre de pays confrontés à des niveaux élevés d’endettement a fortement augmenté, passant de seulement 22 pays en 2011 à 59 pays en 2022 (d’après la méthodologie du FMI, il s’agit de pays dont la dette publique rapportée au PIB représente plus de 60 %). “Au total, 52 pays, soit près de 40 % du monde en développement, connaissent de graves problèmes d’endettement", a détaillé Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.

Le patron de l’organisation s’est également ému des coûts liés au service de la dette auxquels font face les économies en développement, faisant valoir qu’en moyenne “les pays africains dépensent quatre fois plus pour leurs emprunts que les États-Unis et huit fois plus que les économies européennes les plus riches”.

Plus concrètement, le rapport montre qu’au moins 19 pays en développement consacrent plus d’argent aux paiements de ces intérêts qu’à l’éducation, et que 45 pays consacrent plus d’argent aux paiements d’intérêts qu’aux dépenses de santé. Appelant de toute urgence à une réforme globale de l’architecture financière internationale, l’ONU juge qu'il est de la plus haute importance de s’attaquer au coût élevé de la dette et au risque croissant de surendettement.

"La mise en place d’un mécanisme d’apurement de la dette est essentielle pour accélérer les progrès dans le cadre commun du G20 pour le traitement de la dette, qui a rencontré des difficultés en raison de problèmes de coordination entre les créanciers et de l’absence de clauses de suspension automatique du service de la dette", recommande-t-elle notamment, en plaidant aussi pour "une augmentation substantielle de financements à long terme abordables". Cette dernière pourrait être rendue possible en transformant et élargissant les banques multilatérales de développement, un sujet qui a fait l’objet de discussions lors du dernier G20 Finances.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article