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Fonds monétaire international / Vitor Gaspar / Finances publiques

Finances publiques : les années électorales leur sont souvent défavorables / Le FMI appelle les Etats à la prudence

Plus de 4 milliards de personnes sont appelées aux urnes cette année, au sein de pays qui représentent ensemble 55 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial. Voilà qui inquiète l’institution de Washington qui s’émeut de la situation déjà dégradée des finances publiques et dont les travaux montrent que les années d’élections ont tendance à les détériorer.
Vitor Gaspar, responsable du département des finances publiques du FMI - Brendan Smialowski / AFP
Vitor Gaspar, responsable du département des finances publiques du FMI - Brendan Smialowski / AFP

Un vent contraire de plus pour les finances publiques des Etats. Déjà mal en point à cause de l’envolée des charges d’intérêts et des mesures de soutien adoptées pour absorber les diverses crises, elles seront aux prises, en 2024, avec une année électorale considérée comme historique, ce qui ne devrait pas les aider. Pour mémoire, 4,2 milliards de personnes sont appelées aux urnes cette année, au sein de pays qui représentent ensemble 55 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

"Les données empiriques montrent que la politique budgétaire tend à être plus souple et les dérapages plus importants pendant les années électorales, reflétant un 'cycle budgétaire politique'", préviennent les économistes du Fonds monétaire international (FMI). Ceci dans un contexte où la dette publique mondiale s’est élevée à 93 % du PIB planétaire en 2023, soit 9 points au-dessus de son niveau précédant la pandémie. Il faut dire que les dépenses publiques, à l’exclusion des paiements d’intérêts, demeurent supérieures d’environ 3 points de PIB au-dessus des projections pré-pandémiques dans les économies avancées, à l’exclusion des États-Unis, et de 2 % dans les économies de marché émergentes, à l’exclusion de la Chine.

Dans le détail, les estimations montrent que les déficits réalisés pendant les années électorales sont plus élevés que ceux affichés pendant les autres années de 0,3 point de PIB en moyenne. Cela proviendrait à la fois d’une augmentation des dépenses et à une diminution des recettes, d’environ 0,2 et 0,1 % de PIB en moyenne, respectivement. L’écart entre le déficit prévu et réalisé atteindrait lui 0,4 point en général.

"Cela indique un risque considérable de dérapage par rapport au modeste resserrement budgétaire prévu pour la plupart des économies en 2024", alerte le FMI. "Ces dérapages budgétaires pourraient potentiellement accentuer les pressions inflationnistes, en particulier dans les économies en surchauffe. Alors que les déficits plus élevés pendant les années électorales sont fréquemment suivis d’ajustements budgétaires les années post-électorales, ces ajustements sont souvent partiels, et la volatilité budgétaire accrue autour des élections pourrait avoir des effets négatifs potentiels sur la croissance à long terme", explique l’institution de Washington.

"Ce qui rend cette année différente n’est pas seulement la confluence des élections, mais le fait qu’elles se dérouleront dans un contexte de demande accrue de dépenses publiques", ajoute le FMI, qui rapporte que le soutien à l’augmentation des dépenses a progressé dans un grand nombre de pays depuis les années 1990. "Le parti pris en faveur de l’augmentation des dépenses est partagé par l’ensemble du spectre politique, ce qui indique qu’il sera très difficile d’obtenir un soutien en faveur de la consolidation dans les années à venir, et en particulier au cours d’une année électorale clé telle que 2024", déplore le Fonds.

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