WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
pandémie; dispositif d'aide; France

Macro-économie / Taux / CEPII / Multinationales / filiales / Emploi

Macro-économie / Taux
CEPII / Multinationales / filiales / Emploi

Les multinationales subissent mieux les soubresauts de la mondialisation / L’emploi y est plus résilient et ce tout particulièrement sur leur sol national

À la fois canal de transmission des chocs économiques et plus à même de s’adapter à ces derniers. C’est tout le paradoxe des multinationales exposé dans la dernière Lettre du Cepii. Conséquence immédiate ces entités affichent une meilleure dynamique de l’emploi dans leurs filiales nationales que les groupes uniquement implantés localement.
Port chinois. Photo by stringer / IC photo / Imaginechina via AFP
Port chinois. Photo by stringer / IC photo / Imaginechina via AFP

La quête du plein-emploi si cher à Emmanuel Macron pourrait bien davantage être facilité par les multinationales que les groupes nationaux. La dernière Lettre du Cepii, Centre d’études prospectives et d’informations internationales en date s’est en effet attachée à détailler la résilience de ces acteurs depuis la pandémie. Un constat implacable tombe celui de multinationales qui "ont soit moins réduit l’emploi, soit plus augmenté l’emploi que les filiales de groupes nationaux ".

Un chiffrage est fourni, celle d’une évolution qui y est 2,4 % plus favorable en 2020 et d’une dynamique qui ne s’étiole pas bien au contraire. Les auteurs statuent en effet que "non seulement le différentiel d’emploi ne se résorbe pas à partir de 2021, mais il tend à se renforcer en 2022. Cette différence structurelle pourrait indiquer un changement durable dans le modèle de mondialisation des entreprises multinationales, influençant leurs choix de localisation à long terme".

 

Près du cœur

 

Un biais géographique apparaît assez net dans cette divergence, il s’avère en effet que "la surperformance est principalement portée par les filiales nationales des multinationales, plutôt que par leurs filiales étrangères ". Pourtant aucune différence sectorielle n’est observée entre les filiales de groupes nationaux et celles de multinationales, de quoi faire statuer aux membres du Cepii qu’il "s’agit donc bien d’un choix des entreprises multinationales de privilégier l’emploi dans leur pays d’origine, plutôt que d’une décision liée à la nature de l’activité réalisée".

Un doute subsiste néanmoins avec les plans de relance qui ont été mis en place durant de longs mois, de quoi potentiellement induire un retard dans l’ajustement en termes d’emplois à la suite de la pandémie. Le temps permettra sans doute de distinguer à quel point la résilience est due à une volonté de relocalisation des activités ou à ces mécanismes de protection de l’activité.

 

Nouvelles routes

 

Les mutations du commerce international n’échappent pas aux trois coauteurs de la Lettre du Cepii. Ils l’étudient à travers la lunette du taux d’ouverture mondiale (part de l’activité d’un pays en lien avec des échanges de bien et services avec d’autres pays) et constatent que "l’évolution du taux d’ouverture mondial ne reflète pas un repli sur soi généralisé, mais plutôt une réorientation, limitée, du commerce international". Les mesures protectionnistes documentées par l’Organisation mondiale du commerce ne se répercutent pas pour l’heure dans les chiffres et ce constat fait écho à un passé pas si lointain où une rhétorique politique forte s’était heurtée à l’interdépendance de certaines zones économiques.

Cette attention particulière est portée à l’emploi au sein des multinationales puisqu’elles sont par nature plus exposées aux tumultes du commerce international, les exportations de biens et services y ont pour rappel diminué de 9 % entre 2019 et 2020, elles représentaient ainsi en 2019 près de "57 % des exportations et 51 % des importations mondiales de biens intermédiaires, un poids supérieur à leur part de la production (34 %) ou de la valeur ajoutée mondiales (28 %) ".

Elles disposent cependant d’un atout redoutable : celui d’un ajustement rapide à des chocs économiques puisqu’elles peuvent déplacer leur production plus facilement entre leurs différentes implantations. Difficile de discerner s’il s’agit d’une volonté de maîtrise de la chaîne de valeur ou d’arbitrage purement économique, les équipes d’Antoine Bouët, directeur du Cepii, se font néanmoins l’écho de "plusieurs études sur les entreprises possédant plusieurs établissements au sein d’un pays [qui] montrent qu’elles ont tendance à privilégier l’emploi dans les filiales proches géographiquement de leur siège". Une meilleure capacité intrinsèque à encaisser les chocs externes qui pourrait expliquer que "les filiales de multinationales affichent de meilleures performances en matière d’emploi que les filiales de groupes nationaux après le Covid, alors que leurs dynamiques étaient similaires les années précédentes" et ce à trajectoire d’avant crise similaire.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article