WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
financement climatique; commerce; innovation

Macro-économie / Taux / Forum économique mondial / baromètre / coopération internationale

Macro-économie / Taux
Forum économique mondial / baromètre / coopération internationale

Une coopération internationale à géométrie variable / Les tensions géopolitiques la perturbent

Les bonnes nouvelles sur le front de la coopération internationale ne sont pas légion en 2024 à en croire le Forum économique mondial. Le baromètre qu’il consacre à la question désigne cependant quelques bons élèves qui se trouvent être le financement climatique, le commerce et l’innovation.  
Drapeaux. Photo by Karim SAHIB / AFP
Drapeaux. Photo by Karim SAHIB / AFP

Une deuxième cuvée préparée dans des conditions pour le moins adverses. Le Global coopération barometer 2025 produit par le Forum économique mondial (WEF) en coopération avec McKinsey & Company voit les 41 indicateurs retenus dépeindre une année 2023 effectivement pour le moins difficile. Un des cinq piliers du baromètre a effectivement pris du plomb dans l’aile.

Il s’agit de la paix et de la sécurité, prolongeant la dégringolade entamée il y a plusieurs années déjà. Les quatre autres piliers se comportent mieux quant à eux avec parfois des résultats contre-intuitifs. Ainsi, il s’avère que malgré une concurrence géopolitique s’intensifiant pour certaines technologies de pointe, dont les semi-conducteurs, la coopération mondiale globale en matière de technologie et d’innovation a progressé en 2023. Une bonne nouvelle attribuée à la numérisation de l’économie mondiale.
 

Leviers

 

D’autres aspects ont également évolué de façon positive, c’est notamment le cas de la coopération en matière d’objectifs climatiques laquelle s’est améliorée au cours de l’année écoulée, avec une augmentation des flux financiers et des échanges commerciaux dans les technologies à faible émission de carbone. Les flux mondiaux de services, de capitaux et de personnes ont quant à eux fait preuve de résilience. Il s’avère que les " investissements directs étrangers ont augmenté, en particulier dans des secteurs stratégiques tels que les semi-conducteurs et l’énergie verte, tandis que la migration de la main-d’œuvre et les envois de fonds ont fortement rebondi, dépassant les niveaux d’avant la pandémie ".

Tout n’est pas rose pour autant, avec notamment des progrès globaux en termes de santé considérés comme ralentissant par rapport à la période antérieure à 2020. C’est également le cas en ce qui concerne le commerce, deux phénomènes s’y produisant : d’une part des échanges de marchandises en baisse, de 5 %, et ce "principalement en raison du ralentissement de la croissance en Chine et dans d’autres économies en développement" pendant que dans le même temps la "fragmentation mondiale a continué à réduire les échanges entre les blocs affiliés à l’Occident et à l’Orient".

Autant de défis qui font dire à Børge Brende, président et directeur général du WEF, qu’il est nécessaire qu’il soit bien compris que "le baromètre montre que la coopération n’est pas seulement essentielle pour relever les défis économiques, environnementaux et technologiques cruciaux, mais qu’elle est possible dans le contexte tumultueux actuel". Un appel à une meilleure entente entre dirigeants est certes formulé, il n’en est pas moins accompagné de levier d’actions quant à eux bien concrets.

 

Des mots aux actes

 

Les vieilles recettes de la coopération ne sont pas exhaustives aux yeux des équipes de Børge Brende. Parmi la liste de propositions qui sont faites on retrouve ainsi une exhortation à ce que les dirigeants soient "ouverts à de nouvelles approches de la coopération qui peuvent s’écarter de l’approche plus ordonnée qui convenait à un contexte mondial plus stable". Le pragmatisme est de rigueur puisque ce sont des partenariats "dynamiques qui peuvent différer d’une question à l’autre" qui sont évoqués. Le caractère quelque peu désordonné de cette façon de faire n’est pas nié, néanmoins il est martelé que " c’est elle qui, en fin de compte, aura le plus de chances d’aboutir à des solutions efficaces".

Une méthode qui peut rappeler celle chère à Donald Trump, président élu des Etats-Unis, friand d’accords négociés directement entre Etats. Chez le WEF on considère que les partenaires potentiels ne sont désormais plus " nécessairement proches physiquement ou idéologiquement", mais plutôt à même de déboucher sur des résultats tangibles et rapides. Autre conseil formulé, celui de ne pas balayer du revers de la main les petites coopérations, étant donné qu’un cercle vertueux peut se mettre en place "à mesure que la confiance entre les parties s’accroît".

La publication met l’accent sur la nécessité d’obtenir des résultats rapides puisqu’elle juge que désormais les dirigeants n’ont que peu de temps pour obtenir les résultats. Un nouveau paradigme dû à des facteurs tels que le changement climatique, la faiblesse de l’économie mondiale et la détérioration du paysage sécuritaire planétaire.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article