Entreprises / Actions / Orange / Mistral AI / Sommet pour l'action sur l'IA
Entreprises / Actions
Orange / Mistral AI / Sommet pour l'action sur l'IA
Orange et Mistral AI scellent une collaboration stratégique / Les infrastructures de réseaux vont devoir innover pour suivre l'IA
Le calendrier était bien choisi. Mistral AI est en tête d’affiche du Sommet mondial pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) de Paris. Alors que le champion français des grands modèles de langage est au centre de l’attention depuis sa fondation, les nouvelles le concernant s’enchaînent d’autant plus depuis une semaine. Entre la mise à disposition de son assistant, "Le Chat", en application mobile et les annonces de certains partenariats avec les plus grands groupes français, la jeune start-up est résolument devenue incontournable sur la scène européenne de l’IA. Et voici qu’une nouvelle collaboration vient désormais s’ajouter à cette liste. Orange a en effet annoncé, mardi, en avoir noué une avec la pépite française de l’IA, notamment en vue de travailler sur la recherche.
"Nous investissons dans les réseaux de télécommunications et les opérons. Nous savons donc à quel point l’IA va avoir un impact sur nos activités et à quel point la technologie sera aussi un facilitateur", a expliqué la directrice générale de l’opérateur télécoms, Christel Heydemann, invitée à s’exprimer lors du "Business Day" qui se tient mardi à la Station F dans le cadre du Sommet pour l’action sur l’IA. "Mais quel sera le meilleur des réseaux pour l’IA ? Il y a dix ans, nous avons dû travailler sur ceux qui allaient être les plus efficaces pour faire tourner des vidéos, quand Netflix et les autres plateformes sont arrivées. Désormais, nous faisons face à une nouvelle vague d’innovation", a-t-elle poursuivi. Afin de mettre effectivement cette vague à profit, le géant français veut donc se donner les moyens de concevoir les meilleures infrastructures de réseaux pour l’IA.
Sans oublier l’immédiat
Ses équipes de recherche et développement travailleront ainsi avec celles de la start-up afin d’évaluer l’impact sur les réseaux de télécommunications de l’usage, à grande échelle, de l’IA dans le monde. Également, elles définiront des feuilles de route technologiques pour construire les réseaux d’après, pour relever les différents défis liés à la connectivité ou à la disponibilité des processeurs graphiques. En marge de ces différents projets de recherche, Orange compte aussi se concentrer sur le présent et, donc, sur la manière dont l’utilisation de l’IA permettra d’améliorer les performances de son réseau actuel. Cela passera par exemple par la gestion intelligente du trafic, ou bien par des solutions de maintenance prédictive et de réparation. De quoi générer un gain d’efficacité et de compétitivité non négligeable, assure Orange. Enfin, des applications de Mistral AI seront aussi proposées aux clients professionnels du groupe, tandis que de nouveaux services à destination des consommateurs devraient être développés.
Un partenariat qui représente "une étape importante dans le déploiement de l’IA et dans la préparation à l’adoption croissance de cette technologie transformative", a souligné le dirigeant et co-fondateur de Mistral AI, Arthur Mensch, à l’occasion de l’annonce. Une étape qui constitue également une avancée vers la création d’un écosystème européen d’IA, a de son côté indiqué Christel Heydemann à la Station F : "Je reprendrais les mots d’Ursula von der Leyen. Nous voulons que l’Europe soit un continent d’IA. Et la course ne fait que commencer. […]", a-t-elle fait savoir.
D’autant que le Vieux continent a ses cerveaux et ses propres entreprises championnes, a-t-elle poursuivi, notamment dans la santé, l’industrie manufacturière ou bien l’énergie (bas carbone qui plus est, en France, grâce au parc nucléaire national et au développement du renouvelable, ce qui constitue un atout non négligeable en vue de créer une IA frugale). Des domaines que l’IA promet d'ailleurs de transformer à grande échelle, dans la mesure où les cas d’usage sont déjà bien trouvés. Reste donc à délivrer le potentiel de l’Europe, a enchaîné Christel Heydemann, notamment en allégeant un bagage réglementaire lourd à porter pour ses entreprises et en harmonisant, entre les 27 États membres, certaines normes (notamment de reporting) auxquelles elles sont confrontées.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

