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Publications, Résultats / EssilorLuxottica / résultats annuels

Publications, Résultats
EssilorLuxottica / résultats annuels

EssilorLuxottica démontre la pertinence de sa stratégie technologique / Une méthode éprouvée pour servir la nouvelle accélération dans la "med-tech"

Après un exercice placé sous le signe de la croissance et de la progression des marges, l’entreprise co-dirigée par Francesco Milleri et Paul du Saillant reste bien engagée pour atteindre ses objectifs financiers. Une année 2024 qui aura aussi été marquée par le succès grandissant de ses Ray-Ban connectées et autres avancées stratégiques majeures, notamment dans le domaine des technologies médicales, tandis que son tour de force dans l’audition est désormais bien concret.
EssilorLuxottica au Consumer Electronics Show de Las Vegas (Photo by Patrick T. Fallon / AFP)
EssilorLuxottica au Consumer Electronics Show de Las Vegas (Photo by Patrick T. Fallon / AFP)

Être un géant dans son domaine n’empêche pas de se réinventer. EssilorLuxottica l’a compris. Et ses fondations solides, combinées à ses dernières avancées stratégiques, le lui rendent bien. En 2024, le champion de l’optique a en effet rendu compte d’une nouvelle année de croissance : son chiffre d’affaires, de 26,5 milliards d’euros, a grimpé de 6 % sur un an, à taux de change constants. Soit la quatrième année où ses revenus progressent de plus de 5 %, mais sans mettre les marges de côté. Alors que le résultat opérationnel ajusté du groupe franco-italien s’est apprécié de 9,4 % sur un an, à 4,4 milliards d’euros, la marge correspondante s’est quant à elle hissée à 17 % du chiffre d’affaires, traduisant une hausse de 50 points de base sur un an. Son bénéfice net, part du groupe, a gonflé de près de 10 %, à 3,1 milliards d’euros, tandis que sa trésorerie libre s’est fixée à 2,4 milliards d’euros.

Surtout, l’année écoulée aura permis à EssilorLuxottica de mettre pleinement à l’épreuve certaines de ses récentes innovations majeures. Celle des Ray-Ban connectées, tout d’abord, reposant sur un partenariat (désormais renforcé) avec Meta noué il y a plus de trois ans. Sa dernière génération, mise sur le marché en septembre 2023, s’est écoulée à 2 millions d’exemplaires à date. Les taux d’activation et le temps d’utilisation sont aussi en constante progression. Le champion de l’optique et le groupe de Mark Zuckerberg ne comptent donc pas s’arrêter en si bon chemin.

"Cette catégorie n’en est qu’à son début et nous avons des plans à long terme avec Meta", a assuré le président-directeur général d’EssilorLuxottica, Francesco Milleri, lors de la présentation des résultats. "Nous pensons à de nouveaux lancements, avec de nouvelles fonctionnalités et à de nouvelles marques", a-t-il poursuivi. D’autres étapes seront d’ailleurs franchies d’ici peu de temps, dans la mesure où les modèles les plus sophistiqués dopés à l’intelligence artificielle, pour l’instant disponibles sur le marché nord-américain et en Australie, devraient rapidement s’installer dans d’autres géographies.

 

La percée dans l’audition est actée

 

Autre grande avancée de l’année : la présentation par le groupe d’une étude clinique de cinq années sur ses verres optiques Stellest, ayant démontré leur efficacité pour ralentir la myopie des enfants. Le succès commercial est là aussi au rendez-vous, tout particulièrement en Chine, où la marque de verres a vu ses ventes grimper de 50 % au quatrième trimestre. Enfin, après la clôture de l'exercice, au début du mois de février, le groupe a reçu l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) américaine et des autorités européennes pour la commercialisation de ses lunettes Nuance Audio.

Elles permettront, pour mémoire, de pallier les problèmes d’audition grâce à une technologie de flux de microphones intégrés directement dans les montures d'EssilorLuxottica. Elles seront disponibles à l’achat outre-Atlantique au premier trimestre de 2025 et dans le courant du premier semestre, en France, en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni. Le groupe a d’ailleurs déjà préparé le coup d’après : au mois de janvier, il annonçait se renforcer plus encore dans l’audition grâce à l’acquisition de la pépite française Pulse Audition, dont les technologies de réduction du bruit et de rehaussement de la voix lui seront sans nul doute bien utiles.

De quoi laisser entrevoir de nouvelles opportunités de croissance, grâce à une stratégie technologique menée avec précision et diffusée dans l’ensemble des activités d’EssilorLuxottica, comme l’avait détaillé Paul du Saillant, son directeur général délégué, à WanSquare il y a quelques mois. Objectif : rendre la plateforme omnicanale de santé visuelle de l’entreprise disruptive, ce qui lui permet de se placer au cœur de son industrie, de travailler avec tous ses acteurs et de répondre ainsi précisément à leurs besoins. Une vision qui ne devrait pas changer par la suite. Et tout particulièrement du côté des technologies médicales (la "med-tech"), où le groupe compte poursuivre son accélération. En témoignent notamment les multiples acquisitions signées dans ce domaine, comme celles de Heidelberg Engineering et d’Espansione l’année dernière, ou bien celle annoncée mardi de la start-up canadienne Cellview, spécialiste des solutions d’imagerie de la rétine.

 

Approche "holistique"

 

"La dimension "med-tech" est une priorité stratégique pour nous. Sur ce front, nous avons récemment fait des avancées décisives. Notre but est de servir nos clients et nos patients grâce à une approche plus holistique, couvrant tous les aspects de la santé visuelle. Cela inclut les diagnostics de maladies, le guidage de la chirurgie et la gestion des conditions chroniques", a expliqué Paul du Saillant, lors de la présentation des résultats. Autant d’avancées qui devraient bien profiter au grand moteur de croissance du groupe, puisque l’optique représente toujours les trois quarts de son chiffre d’affaires. Le solaire pèse quant à lui 23 % de ses revenus, le reste se répartissant entre les vêtements, chaussures et accessoires (dont la marque Supreme, rachetée pour 1,5 milliard de dollars pendant l’été 2024).

Toutes les catégories de produits auront, en tout cas, contribué à la performance du chiffre d’affaires, assure EssilorLuxottica, tandis que chez les marques, Ray-Ban s’est distinguée grâce aux lunettes connectées. Pour ce qui est des licences, ce sont MiuMiu, Chanel et Swarovski qui auront été en tête d’affiche. Cette performance en 2024 a logiquement permis à l’entreprise de confirmer ses objectifs de croissance annuelle des revenus de l’ordre de 5 % entre 2022 et 2026, d’un chiffre d’affaires compris dans une fourchette de 27 à 28 milliards d’euros d’ici là et d’un résultat opérationnel ajusté représentant 19 % à 20 % de ses revenus à l’issue de cette même période.

Lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires, ces derniers se verront quant à eux proposer un dividende de 3,95 euros par action. Une action dont le cours a d’ailleurs progressé de plus de 46 % sur un an, portant la capitalisation boursière du groupe au-dessus de 126 milliards d’euros. Bien loin, donc, des 46 milliards d’euros que représentaient ensemble Essilor et Luxottica lors de leur fusion en 2018. La preuve que les marchés regardent, eux aussi, dans la même direction que le lunetier.

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