Entreprises / Actions / Schneider Electric
Entreprises / Actions
Schneider Electric
Schneider Electric en pleine accélération, la marge à un niveau record / Les datacenters et l’IA, moteur clé de la croissance
L’année 2024 s’est achevée sur une note particulièrement positive pour Schneider Electric, "en force", même selon Olivier Blum, qui dirige depuis quelques mois l’entreprise depuis Dubaï. Quels que soient les indicateurs retenus, les performances financières accomplies l’an dernier par le groupe expert en gestion de l’énergie et en automatisation ont surpassé les attentes, aussi bien celles de la société elle-même que des analystes.
En termes d’activité, le chiffre d’affaires s’est accru de 6,3 % l’an dernier, pour s’élever à 38,15 milliards d’euros, le plus élevé jamais atteint par le groupe, avec une croissance organique de 8,4 %. S’agissant de la rentabilité, le résultat opérationnel (Ebita) ajusté a atteint 7,08 milliards d’euros, en hausse de 10,5 % sur un an en données publiées et de 14,2 % en données organiques, la marge correspondante se hissant à 18,6 %, là aussi un record historique. Un niveau "à rapprocher de 17,9 % en 2023 ou encore de 15.4 % en 2019, pour mesurer l’ampleur des progrès accomplis dans la transformation du modèle", souligne le cabinet TP Icap.
L’évolution des deux principaux métiers de Schneider Electric, la gestion de l’énergie et les automatismes industriels, apporte des éclairages intéressants. Sur l’ensemble de l’année, la gestion de l’énergie affiche une croissance organique de 12 %, tandis que les automatismes industriels, aux prises avec une conjoncture économique difficile depuis de nombreux mois, enregistrent un recul de 4 %. Mais c’est surtout le quatrième trimestre qui retient l’attention.
Les analystes de Jefferies relèvent une "croissance organique très impressionnante de 12,5 % sur la période, portée par une performance exceptionnelle de l’Energy Management, dont la croissance organique atteint 15 % contre 10 % anticipé par le consensus". Cette dynamique doit beaucoup à l’Amérique du Nord, où l’activité a bondi de 25 % sur les trois mois d’octobre à décembre.
Eclaircie dans les automatismes industriels
Que le segment Energy Management soit le principal moteur de la croissance, porté par la demande mondiale en électrification, ne surprend pas. Les datacenters jouent d’ailleurs un rôle croissant dans cette dynamique, stimulés par l’essor de l’intelligence artificielle. "L’utilisation accrue de l’IA entraîne une consommation énergétique plus élevée pour les datacenters, ainsi qu’une intensification des besoins en technologies de refroidissement pour ces infrastructures", a notamment rappelé Olivier Blum lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats.
Schneider Electric s’appuie sur une expertise de longue date dans ce domaine des datacenters. Lors de la conception de ces infrastructures critiques, l’entreprise peut se positionner comme interlocuteur unique pour l’ensemble des besoins du bâtiment, de l’alimentation électrique à la gestion thermique. Réputés, ses architectes datacenters collaborent étroitement avec les grands clients pour concevoir des solutions sur mesure. Schneider Electric reste discret sur l’identité de ses clients stratégiques en matière de centres de données, mais certains GAFAM et autres géants du cloud en font évidemment partie.
En parallèle, longtemps à la peine, les secteurs industriels commencent à entrevoir une éclaircie. Au quatrième trimestre, l’activité Industrial Automation a enregistré sa première croissance en près de deux ans, signe d’un possible retournement.
Ces dynamiques favorables se retrouvent dans les perspectives du groupe. Pour 2025, Schneider prévoit une croissance organique de son chiffre d’affaires de 7 à 10 %, au-dessus des 8 % prévus par le consensus. Logiquement, la forte croissance des solutions de gestion de l’énergie, qui sont également plus profitables (avec une marge de 22,1 % en 2024 contre 14,8 % pour les automatismes industriels), vient soutenir les prévisions de marge. Celle-ci devrait se hisser à de nouveaux records cette année, Schneider visant une fourchette comprise entre 19,2 et 19,5 %, nettement au-dessus des 18,8 % anticipés par le consensus. Des projections accueillies avec enthousiasme par les investisseurs. L’action Schneider Electric gagnait 5 % jeudi, en tête du CAC 40, à 259,5 euros.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

