Entreprises / Actions / Veolia / GreenUp
Entreprises / Actions
Veolia / GreenUp
Veolia : le plan GreenUp n’en est qu’au début de la démonstration de sa pertinence / Des résultats historiques sur tous les plans et une nouveauté très attendue pour les actionnaires
Si pour une entreprise, la présentation de ses résultats financiers annuels est un exercice de communication bien rodé, certaines années revêtent une saveur particulière. Ce fut le cas pour la directrice générale de Veolia, Estelle Brachlianoff, ce jeudi matin. "Des résultats historiques qui me font particulièrement plaisir de commenter dans un contexte où 2024 fut une année très largement défavorable du fait des tensions macroéconomiques, géopolitiques, du prix des commodités ou même de la météo. Des vents de face et nous avons plus que fait face puisque nous avons rempli nos objectifs et même dépassés certains d’entre eux ", s’est-elle félicité, lors d’une conférence téléphonique.
Des boosters de croissance qui accomplissent leur mission
Le résultat de l’agilité mais aussi de choix stratégiques. Il y a un an, en présentant son nouveau plan "GreenUp", Veolia voulait faire de la transformation écologique un accélérateur de croissance. Et force est de constater que la feuille de route du groupe tient déjà toutes ses promesses. "Notre choix de porter l’accent sur les boosters de croissance, à savoir les technologies d’eau, les déchets dangereux, la bioénergie sont en croissance de 6,6 % ce qui est assez exceptionnel pour une première année de plan", a souligné Estelle Brachlianoff. Rien que le traitement des PFAS a généré 205 millions d’euros de revenus en 2024, contre zéro il y a deux ans.
Dans l’ensemble, Veolia a en effet fait état ce jeudi matin d’un chiffre d’affaires à 44,7 milliards d’euros, en progression de 5 % en organique sur un an. L’on notera aussi une croissance solide des activités socles, en hausse de 5,6 % sur un an pour l’eau, de 6,4 % pour le déchet et de 1,9 % pour l’énergie.
Une bonne surprise sur la dette
L’Ebitda a quant à lui augmenté de 5,8 % (dans le haut de la fourchette visée de 5 à 6 %) à 6,8 milliards d’euros. "Malgré un effet de quasiment 2 % de vents contraires que nous avons réussi à plus que compenser ", a souligné Estelle Brachlianoff. Le résultat net courant est record, en progression de 14,6 % à 1,53 milliard d’euros, au-dessus de la cible de 1,5 milliard et… qui a donc doublé en 5 ans. "Nous enregistrons également une très belle génération de trésorerie disponible à 1,156 milliard d’euros, ce qui nous a permis de baisser notre dette avec un levier d’endettement désormais à 2,63 fois, très en dessous (et bien meilleur) que ce que les marchés attendaient", a-t-elle ajouté.
Enfin, 398 millions de gains d’efficacité ont été enregistrés, soit au-dessus de l’objectif annuel de 350 millions d’euros. Même constat pour les synergies du rapprochement avec l’ex-Suez, qui à fin 2024 ont atteint un montant cumulé de 435 millions, en avance sur l’objectif initial.
Les clés du succès : résilience et croissance
"Notre performance reflète notre formule gagnante, qui repose sur quatre éléments clés : une croissance désormais singulièrement élevée - pour un groupe qui progressait il y a encore quelques années de 2 ou 3 % par an – grâce à des tendances de fond qui nous soutiennent et une demande forte de la population partout dans le monde. Par ailleurs, nous sommes très internationaux, avec 80 % des revenus en dehors de France et même 40 % en dehors d’Europe dont 5 milliards aux Etats-Unis ‘seulement’. Nous faisons en outre très attention à créer de la valeur pour toutes nos parties prenantes, y compris nos actionnaires. Enfin, nous sommes un champion mondial de la transformation écologique qui sait combiner ses savoir-faire pour offrir des services uniques et différenciants ", a expliqué la directrice générale qui a donc décidé de relever les objectifs de synergies à 530 millions à fin 2025.
Une croissance du dividende désormais alignée sur celle du résultat net
Pour le reste, les objectifs pour 2025 sont tout aussi ambitieux, "malgré un contexte qui ne nous aidera toujours pas ", prévient l’entreprise : Veolia cible pour cette année une croissance organique "solide" du chiffre d’affaires et notamment de ses boosters de 5 à 10 % par an et une croissance organique de l’Ebitda entre 5 % et 6 %. La croissance du résultat net courant part du groupe est attendue aux alentours de 9 %. Il est prévu un maintien du ratio dette nette sur Ebitda inférieur à 3.
Et nouveauté, Veolia procédera cette année à un rachat d’actions sur la période 2025-2027 consacré à compenser l’effet du plan d’actionnariat salarié. "C’est une première chez Veolia, l’idée étant que la valeur créée par l’entreprise soit partagée par l’ensemble de ses parties prenantes dont nos actionnaires. Cela signifie que le dividende par action croîtra comme le résultat net désormais ", a expliqué Estelle Brachlianoff. Pour mémoire, les salariés du groupe sont les premiers actionnaires de l’entreprise avec 9 % du capital.
A noter que lors de l’assemblée générale qui aura lieu le 24 avril prochain, le conseil d’administration proposera une hausse du dividende à 1,40 euro par action, en croissance de 12 % (contre 1,25 euro pour l’exercice 2023).
De belles signatures en ce début d’année
En marge de la présentation de ses résultats, le groupe a annoncé avoir remporté le contrat du Territoire de la capitale australienne, Canberra, pour la construction et l’exploitation d’une installation de pointe pour le recyclage de 1,3 million de tonnes de matériaux sur 20 ans. Un nouveau contrat d’une valeur de 850 millions de dollars australiens alors que Veolia a fait du développement de ses activités en Australie l’une des zones géographiques prioritaires de son plan GreenUp (+7,7 % de croissance en un an). Comme le Moyen-Orient où l’entreprise a signé, il y a quelques jours, un accord avec l’émirati ADNOC.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

