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Macro-économie / Taux / Chine / croissance / Consommation des ménages / Réforme

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Chine / croissance / Consommation des ménages / Réforme

L’Empire du Milieu tente de passer la seconde / Ses dirigeants comptent bien tenir leurs objectifs de croissance

La Chine croit toujours à la possibilité d’un retour à un régime de croissance soutenue, telle qu’elle l’a connu avant la pandémie. Un plan dévoilé ces derniers jours doit permettre d’y revenir. Il semble encourager un soutien plus prononcé de la consommation des ménages afin de permettre à la deuxième économie mondiale de baser davantage son modèle de croissance sur la demande intérieure. Un changement majeur pour un pays ayant eu ses exportations comme principal moteur de croissance durant des années.
GREG BAKER / AFP
GREG BAKER / AFP

Un objectif clair mais peu de détails. On a moins appris dans le plan d’action spécial chinois visant à stimuler la consommation sur des mesures chiffrées, que sur la façon dont l’Empire du milieu tâche de réorienter le moteur de sa croissance. Publié par le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil des Affaires d’État, il a immédiatement été commenté par de nombreux observateurs.

Au rang desquels on retrouve ING, ses équipes constatant qu’il y a "peu de nouveaux détails sur la façon dont le gouvernement augmentera les dépenses, les détails du plan montrent une plus grande détermination à s’attaquer au problème de la consommation en Chine cette année". On est plus critique encore chez Capital Economics, où il est considéré que cette publication "n’inclut pas de nouvelles mesures majeures et ne suggère pas qu’il y ait eu un changement dans la priorité sous-jacente donnée à l’augmentation du potentiel d’approvisionnement de la Chine".

 

Incitateur

 

Pour autant, des priorités ont été établies au sein de ce plan. La première d’entre elles visant à augmenter les revenus de tout type de ménages, ING partage ce diagnostic d’un problème sur la question des revenus. Ses équipes argumentent que la croissance des salaires "a ralenti depuis la pandémie, en raison de divers cas de gels de salaires, de réductions de salaires et de licenciements", il semble que les Chinois aient également été nombreux à devoir subir un effet de richesse négatif étant exposé aux performances des marchés locaux sur l’immobilier et les actions. Des baisses d’impôts et des subventions aux entreprises devraient voir le jour pour stimuler les salaires.

Pour autant la question de la consommation ne se cantonne pas à ce seul aspect de revenu des ménages, les équipes du géant néerlandais rappelant qu’actuellement la Chine a l’un des taux d’épargne les plus élevés au monde. Les autorités chinoises semblent vouloir mettre "l’accent sur l’amélioration des garanties dans divers domaines, notamment l’élargissement de l’aide aux étudiants, l’augmentation des pensions et l’amélioration de l’assurance maladie " et ce afin de diminuer la nécessité de se constituer une épargne de précaution pour faire face à l’ensemble de ces dépenses.

Autre volonté affichée, celle d’agir en soutien du marché boursier et même plus selon Capital Economics puisqu’il est rapporté des mesures additionnelles en complément des promesses réitérées d’intervenir en soutien du marché immobilier. Pas de quoi susciter l’approbation du spécialiste de l’analyse économique, lequel juge que "les ménages à revenus limités ne sont probablement pas ceux qui investissent beaucoup sur les marchés de capitaux" et ne profiteraient que rarement de l’élargissement possible de l’accès "des investisseurs particuliers au marché obligataire, afin d’augmenter les rendements des investissements des ménages".

 

Interrogateur

 

La puissance du changement de cap chinois interpelle tout autant chez Capital Economics, prenant l’exemple du soutien aux biens de consommation. Le doublement d’un programme dédié ne soutiendra la demande qu’aussi "longtemps que les subventions seront en place. Cela ne change pas les fondamentaux de la faiblesse de la demande". L’insistance des autorités chinoises à augmenter l’offre est considérée comme une " approche diagnostiquant mal le problème et poussant les responsables locaux à augmenter la capacité plutôt qu’à soutenir les ménages".

Pour l’heure ils considèrent qu’il est "très peu probable que les dirigeants effectuent le pivot structurel de l’augmentation de l’offre à la stimulation de la demande qui serait nécessaire pour rééquilibrer l’économie". On ne dit pas autre chose chez ING, où ce plan est qualifié comme pouvant favoriser la consommation dans une optique de court terme plutôt qu’opérer un changement de modèle. Un des principales failles du projet étant qu’il "est loin d’être certain que ces mesures seront suffisantes pour ramener la confiance des consommateurs à des niveaux sains ", celle-ci est pourtant cruciale pour permettre à la consommation de redécoller durablement. Toute reprise de la croissance au-delà de cette année étant conditionnée à cela.

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