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Bolloré affiche une trésorerie record de plus de 5 milliards d’euros / Le groupe avance dans la simplification de sa structure
Il eut été surprenant que les résultats 2024 du groupe Bolloré ne portent pas la trace de la récente scission de Vivendi. Principale conséquence de la réorganisation du groupe de médias en quatre entités cotées, on ne peut plus dire que Vivendi est une filiale de Bolloré, car Bolloré ne la contrôle plus. À la suite des opérations de scission et de distribution réalisées le 13 décembre 2024, "le groupe ne détient plus le contrôle au sens IFRS 10 qu’il exerçait sur Vivendi, mais seulement une influence notable", confirme-t-il dans la présentation de ses comptes de l’année écoulée. *
Et cela n’est pas anodin. Le nouveau Vivendi, désormais une holding, n'est plus traité comptablement de la même manière que l'ancien Vivendi dans les comptes de Bolloré. Avant la scission, Vivendi était consolidé par intégration globale, en vertu de la norme IFRS 10 (qui définit les critères permettant à une société mère d'inclure les comptes de ses filiales dans ses états financiers). Depuis la scission et la distribution des entités, Vivendi, ainsi que les nouvelles entités formées à partir de cette réorganisation (Canal+, Louis Hachette Group et Havas), sont désormais comptabilisés en mise en équivalence, conformément à la norme IAS 28.
Sortie des intérêts minoritaires
Une conséquence visible de cette nouvelle méthodologie comptable se reflète dans la forte baisse des capitaux propres, passés de 36,4 milliards d’euros à fin 2023 à 25,7 milliards d’euros à fin 2024. La principale explication réside dans la sortie des intérêts minoritaires de Vivendi : avant la scission, Vivendi était intégré dans les comptes de Bolloré, et ses actionnaires minoritaires (autres que Bolloré) figuraient dans les capitaux propres du groupe, ce qui n’est plus le cas désormais.
Autre évolution marquante : au 31 décembre 2024, le groupe Bolloré présente une trésorerie nette positive de 5,3 milliards d’euros, contre une dette nette de -1,5 milliard d’euros à fin 2023. Un changement radical en partie dû à la cession de Bolloré Logistics, qui a généré une plus-value de 3,6 milliards d’euros, mais aussi à la sortie de la dette de Vivendi. Avant la scission, cette dette était intégrée dans celle de Bolloré alors qu’elle est désormais exclue des comptes du groupe.
A ce propos, "si le groupe est pour le moment très patient, il nous semble très peu probable qu’il conserve une telle position de cash pendant de nombreuses années", observe le cabinet d’analystes Oddo BHF. Un scénario possible selon lui serait que Bolloré "acquiert une participation de taille moyenne dans un groupe côté en Bourse pour ensuite éventuellement l’accroître au fil des ans" et développer ainsi une nouvelle activité.
En attendant, le chiffre d’affaires de Bolloré dans périmètre recentré s’est établi à 3,1 milliards d’euros, en baisse de 4% à périmètre et taux de change constant, et le résultat opérationnel ajusté (Ebita) à 1 million d’euros contre 61 millions d’euros en 2023. Un recul lié à la perte de 179 millions d’euros enregistrée dans le pôle Industrie liée à des éléments exceptionnels non récurrents provenant de la précédente génération de batterie et malgré une amélioration de la rentabilité de l’activité Films packaging notamment.
Les offres de retrait nettement relevées
L’occasion de rappeler que Bolloré est leader mondial dans la production de films polypropylènes pour condensateurs et emballages rétractables ultrafins. Au travers de sa filiale bien connue Blue Solutions, le groupe est également présent dans le domaine des batteries Lithium Métal Polymère (LMP), utilisées notamment dans les véhicules électriques, tandis que Bluestorage déploie des solutions de stockage d’énergie dans des zones non raccordées au réseau électrique, principalement en Afrique.
Par ailleurs, Bolloré poursuit l’avancement de ses projets d’offres publiques de retrait (OPR) suivies de retraits obligatoires (RO) concernant les actions de ses filiales : Compagnie du Cambodge, Financière Moncey et Société Industrielle et Financière de l’Artois. Le groupe en avait relevé les termes en décembre 2024, proposant désormais 110 euros (soit une prime de 50 %) ou 4,69 actions UMG pour 1 action Compagnie du Cambodge, 133 euros (soit une prime de 62 %) ou 5,67 actions UMG pour 1 action Financière Moncey, et 10 627 euros (soit une prime de 95 %) ou 453 actions UMG pour 1 action Société Industrielle et Financière de l’Artois.
Le cabinet BM&A s’est prononcé sur l’équité de ces dernières offres et les notes en réponse ont été publiées le 17 janvier 2025. A présent, ce projet "pourrait être examiné par le Collège de l’Autorité des marchés financier (AMF) le 25 mars 2025", indique ainsi Bolloré. En rappelant que le groupe avait déjà annoncé la fusion-absorption de Société des Chemins de Fer et Tramways du Var et du Gard par Compagnie du Cambodge et de Compagnie des Tramways de Rouen par Financière Moncey. L’heure semble donc être à la réduction progressive de la complexité organisationnelle de la galaxie Bolloré.
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