Macro-économie / Taux / Zone euro / Exportations / Technologies
Macro-économie / Taux
Zone euro / Exportations / Technologies
La dynamique des exportations européennes étroitement liée à la technologie / Etats-Unis et Chine ont pris une longueur d’avance
Des constats du rapport Draghi à nouveau étayés. Le bulletin économique de la Banque centrale européenne ne se cantonne néanmoins pas à reprendre l’argumentaire déployé par son ancien président. Là où il avait effectivement déploré que la compétitivité européenne décline notamment en raison de la dynamique de la technologie de pointe (ou haute technologie), il est également rapporté que la zone euro a perdu de nombreuses parts de marché ayant trait à la moyenne – haute technologie.
Ce qui est loin d’être anodin, la publication se faisant l’écho d’un segment représentant "le plus grand marché d’exportation mondial (32 % en 2024), loin devant la haute technologie (18 % en 2024)". Cette classification établie par Eurostat cache des dynamiques très largement distinctes, il est en effet argué que "les secteurs de moyenne-haute technologie sont en recul depuis 2019, [là où] les secteurs de haute technologie ont progressé de 6 points de pourcentage".
Rétroviseur
Pour autant, la zone euro ne semble pas avoir tiré profit de cette recomposition des flux, souffrant face à une concurrence exacerbée. Les calculs effectués par les auteurs révèlent que "la zone euro a perdu des parts de marché à l’exportation dans tous les segments ; les secteurs de moyenne-haute technologie ont été les principaux moteurs de cette tendance, étant responsables de 55 % des pertes cumulées depuis 2019". Difficile de ne pas mettre cette tendance en relation avec une "composition sectorielle des exportations de la zone euro [qui] est relativement stable depuis 2019, les secteurs de moyenne-haute technologie représentant 41 % du total des exportations manufacturières en 2024", alors que l’Empire du milieu rendait sa structure d’exportation de plus en plus proche de celle de la zone euro. Le poids dans les exportations chinoises de celles de moyenne-haute technologie est passé de 28 % à 42 % sur la période.
Associé à des États-Unis qui "ont connu la croissance la plus significative en matière d’exportations de haute technologie", il reste peu de place pour les nations du continent européen. Il s’avère que malgré "qu’elle ait bénéficié d’une forte demande mondiale dans les secteurs de haute technologie, la zone euro a tout de même perdu du terrain par rapport aux autres grandes économies".
Décomposition
C’est plutôt du côté chinois qu’il faut chercher les parts de marché cédées par la zone euro, arguent les auteurs. La zone euro n’est pas la seule néanmoins à en souffrir, puisqu’il est avancé que la "Chine gagne des parts de marché aux dépens de leaders comme la zone euro, notamment dans le domaine des véhicules électriques, qui bénéficie fortement des politiques industrielles chinoises". La comparaison est cependant tissée avec une "performance à l’exportation de la Chine [qui] semble être presque l’inverse de celle de la zone euro".
Au rang des lueurs d’espoirs, on retrouve quelques bonnes performances ayant trait à plusieurs industries de hautes technologies parmi lesquelles la zone monétaire unique s’avère être le leader mondial. Tel que dans le secteur pharmaceutique, où elle compte pour 36 % des exportations mondiales, et ce en continuant de gagner des parts de marché.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

