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Friction en vue entre l’IA et la transition écologique / Les besoins en électricité sont colossaux tant pour l’une que pour l’autre
Collision ou synergies, le débat est ouvert. En choisissant d’évoquer un possible "affrontement des transitions", c’est peu dire que Miles Parker, économiste à la Banque centrale européenne, a mis en avant la crainte de bon nombre d’observateurs. À savoir qu’il faille trancher entre l’une ou l’autre de ces dynamiques, l’Europe n’ayant pas les moyens de financer les deux simultanément.
Le spécialiste nuance cependant très rapidement son propos en soutenant que "l’interaction entre l’IA et la transition verte est beaucoup plus profonde que la demande d’électricité". Pour autant cette dernière est déjà profondément transformée par des besoins nouveaux associés à la transition numérique. On note ainsi que "les centres de données représentaient environ 21 % de l’électricité totale utilisée en Irlande en 2023, soit plus que tous les ménages urbains réunis".
Contradictoire
Il faut dire que l’équation n’est pas la plus simple à résoudre, tenter de concilier un mix énergétique dépendant de moins en moins des énergies fossiles et cette demande croissante. Le risque de renchérir le coût d’opportunité de la transition énergétique est réel. La demande afin d’alimenter des centres de données, des véhicules électriques et des pompes à chaleur explosant. Des exigences concurrentes à même de "mettre les transitions jumelles sur une trajectoire de collision" expose Miles Parker.
L’économiste s’intéresse à la trajectoire de la demande d’électricité au sein de l’Union européenne (UE), il statue que "les centres de données devraient être un moteur substantiel d’une demande d’électricité encore plus élevée dans l’UE dans les années à venir". Il estime cependant ce facteur moins conséquent que la croissance de la demande émanant de "celle prévue des 9 millions de véhicules électriques à batterie supplémentaire et des 11 millions de nouvelles pompes à chaleur au cours de la même période". La capacité de l’UE à augmenter considérablement sa production d’énergies renouvelables devient la clé de la conciliation de ces deux dynamiques.
Bénéfices
Las, il s’avère qu’actuellement cette expansion de l’offre d’énergie renouvelable est "entravée par le rythme lent des autorisations, qui peut prendre des années, et de longues attentes pour les connexions au réseau énergétique". Un temps long qui pourrait néanmoins permettre de profiter de l’essor de l’Intelligence artificielle, cette dernière étant considérée comme ayant "un potentiel encore plus grand pour améliorer l’efficacité des ressources et de l’énergie".
Certaines applications sont déjà concrètes, puisqu’il semblerait que dès aujourd’hui "plutôt que des mois, le temps passé pour calculer le placement optimal des nouvelles éoliennes peut maintenant être mesuré en minutes". Un exemple nous vient quant à lui de la Suède où une réduction de près de 20 % l’énergie utilisée par deux grands immeubles d’appartements aurait été permise.
Les questions du déficit d’investissement en Europe ou encore du risque d’inadéquation entre l’offre et la demande de travail ne sont pas oubliés pour autant. Il n’en demeure pas moins que l’économiste considère que dans le cas où "l’Europe veut atteindre les gains de productivité offerts par l’IA et éviter les pertes de productivité dues à un nouveau changement climatique ", il lui faut s’attaquer au plus vite à sa lenteur administrative décriée auparavant.
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