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Macro-économie / Taux / déficit public / France

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France : les comptes publics surprennent positivement / Quelle implication pour l’exercice 2025 ?

En 2024, le déficit public de la France s’est élevé à près de 6 milliards d’euros de moins que ce qui était escompté par le gouvernement de François Bayrou. Cela suffira-t-il pour autant à tenir la trajectoire de réduction cette année sans nouvelles mesures ?
François Bayrou, Premier ministre et Eric Lombard, ministre de l'Economie et des Finances - Ludovic MARIN / AFP
François Bayrou, Premier ministre et Eric Lombard, ministre de l'Economie et des Finances - Ludovic MARIN / AFP

C’était dans l’air depuis quelques jours. Pour 2024, le déficit de l’ensemble des administrations publiques françaises s’est avéré légèrement inférieur à ce qui était escompté dans la loi de finances pour 2025. D’après l’Insee, il a atteint 5,8 % du Produit intérieur brut (PIB), soit 169,6 milliards d’euros, contre 6 % attendu par le gouvernement du Premier ministre François Bayrou, après 5,4 % en 2023. Le différentiel représente environ six milliards d’euros.

C’est toutefois bien au-dessus de ce qui était prévu, en décembre 2023, dans la loi de finances pour 2024 (4,4 %), puis par le gouvernement de Gabriel Attal dans le programme de stabilité (5,5 %) d’avril 2024. C’est d’ailleurs pour cela qu’une commission d’enquête sur le dérapage a très récemment été mise sur pied à l’Assemblée nationale ; elle devrait rendre ses conclusions bientôt. L’écart de 2024 s’explique par des recettes moindres qu’escompté et des dépenses des collectivités locales progressant plus vite que ce qui était anticipé.

Pour 2025, la loi de finances prévoit un déficit de 5,4 % du PIB. Compte tenu de l’effet de base favorable, l’on pourrait s’attendre à ce qu’atteindre cet objectif soit une formalité. Reste que les aléas sont plutôt orientés à la baisse autour de la croissance économique de l’Hexagone dans un contexte de guerre commerciale et d’incertitude politique tant au plan national qu’international. Sa baisse jouerait négativement sur les recettes et positivement sur les dépenses publiques.

Pour atteindre la cible de déficit, le gouvernement espère que la croissance du PIB nominal s’affichera à 2,3 %. Or, il y a deux semaines, la Banque de France a rapporté s’attendre plutôt à 1,8 % (0,6 point de moins que ce qu’elle prévoyait en décembre). Pour mémoire, en général, une diminution de 1 point de la croissance nominale génère via le jeu des recettes et des dépenses une hausse de 0,5 point du ratio du déficit public en proportion du PIB. Aussi, à première vue on pourrait estimer que si la prévision de la Banque de France se réalisait, à politique inchangée, les bonnes nouvelles de 2024 seraient sensiblement affectées par la croissance plus faible de 2025.

Oui mais voilà, le diable est dans les détails. Les projections de la Banque centrale française n’ont pas été révisées à la baisse en raison de la moindre croissance attendue d’une composante riche en prélèvements obligatoires qu’est la demande intérieure (hors stocks). Au contraire, l’augmentation de cette dernière a été révisée à la hausse (+ 0,1 point), du fait d’un ajustement budgétaire (loi de finances pour 2025) pesant moins qu’escompté sur le revenu des ménages.

Une conférence des finances publiques est prévue autour de François Bayrou le 15 avril, qui permettra "de partager la situation budgétaire du pays à fin mars avec toutes les parties prenantes, élus, partenaires sociaux, collectivités locales…", a annoncé Eric Lombard, ministre de l’Économie et des Finances. D’après le locataire de Bercy, le budget est "pour le moment en phase" du côté des recettes.

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