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BFI en pointe, BNP Paribas garde le cap sur ses objectifs / L’opération AXA IM viendra renforcer la dynamique

Le recul du bénéfice net de BNP Paribas au premier trimestre masque une performance opérationnelle plus robuste qu’il n’y paraît. Si elle est pénalisée par une base de comparaison élevée, la banque capitalise sur la solidité de sa division CIB, qui signe un trimestre record porté par la demande de solutions de couverture en période de volatilité. La montée en puissance de l’activité d’investissement et de protection devrait par ailleurs s’accélérer avec la finalisation attendue de l’opération AXA IM cet été. De quoi conforter les ambitions à moyen terme de la banque, qui vise un ROTE supérieur à 12 % en 2026.
Jean Lemierre, le président du conseil d'administration de BNP Paribas - Photo by Thibaud MORITZ / AFP
Jean Lemierre, le président du conseil d'administration de BNP Paribas - Photo by Thibaud MORITZ / AFP

Des résultats mi-figue mi-raisin, à en juger du moins par la réaction des investisseurs au vu de la baisse de plus de 3% enregistrée jeudi par le cours de Bourse de BNP Paribas (-3,1% à 71,5 euros à 14h30). S’il est certes légèrement en deçà des attentes, le résultat d’exploitation de 3,92 milliards d'euros dégagé par la première banque de la zone euro au premier trimestre 2025 en est toutefois aussi très proche.

Ce chiffre ressort 1,5 % sous les prévisions des analystes, tandis que le résultat net atteint 2,95 milliards d’euros, en recul de 4,9 % sur un an. Un repli principalement dû à une base de comparaison défavorable : début 2024, le groupe avait profité de plusieurs plus-values, notamment liées à la réintégration de ses activités en Ukraine et à une cession au Mexique.

De fait, le bénéfice net "propre" de BNP Paribas (c’est-à-dire nettoyé des éléments non récurrents) s'avère "conforme aux attentes à 3,03 milliards d'euros, soutenu par une baisse de 8% des provisions pour créances douteuses, compensée par une hausse de 2% des coûts opérationnels", notent les analystes de Bank of America. Pas de mauvaise surprise non plus du côté des revenus : le produit net bancaire progresse de 3,8 % à 12,96 milliards d’euros, en ligne avec les anticipations. Et le ratio de solvabilité CET1 (Common Equity Tier 1) reste stable à 12,4 %, au même niveau qu’en fin d’année 2024.

 

Global Markets surperforme

 

Le principal fait marquant de ce début d’année tient dans la performance record de la banque de financement et d’investissement, dont les revenus ont bondi de 12,5 %, à 5,28 milliards d’euros. Une dynamique alimentée par les trois métiers phares : Global Banking (+4,5 %), Securities Services (+13,4 %) et surtout Global Markets (+17,3 %).

Chez BNP Paribas, la division Global Markets affiche un profil très différent de celui des grandes banques américaines. Ici, pas de paris massifs sur les marchés ou de trading pour compte propre : l’activité se concentre sur les besoins des clients – entreprises comme investisseurs institutionnels – pour concevoir et exécuter des solutions de financement, d’investissement ou de couverture (taux, change, matières premières, crédit). Elle s’appuie notamment sur son savoir-faire en produits dérivés actions, renforcé par l’intégration des équipes de Deutsche Bank.

Ce positionnement plus défensif, axé sur des flux récurrents, n’exclut pas une capacité à capter les opportunités. Le premier trimestre l’a illustré : la volatilité liée aux premières annonces de l’administration Trump a ravivé la demande en solutions de couverture. Un contexte idéal pour les activités de structuration, qui ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu.

 

Difficultés temporaires pour Arval

 

Les revenus du pôle Commercial, Personal Banking & Services (CPBS) affichent une progression plus modérée, limitée à 1,2 %. Si la banque de détail bénéficie de tendances globalement favorables, certaines activités spécialisées ont pesé. À l’image d’Arval, la filiale de location longue durée, affectée par la baisse des prix de revente des véhicules d’occasion, conséquence d’un effet de normalisation post-Covid. Un mouvement anticipé, appelé à se stabiliser d’ici la fin de l’année.

De son côté, la branche Investment & Protection Services (IPS) s’est distinguée avec une croissance de 6,6 %, portée par les bons résultats du Wealth Management, de la gestion d’actifs et de l’assurance. Une activité stratégique qui devrait connaître une nouvelle accélération après la finalisation – attendue cet été – de la reprise des parts d’AXA IM.

Au-delà des chiffres du trimestre, "l’essentiel est que la banque a confirmé sa trajectoire de ROTE (rendement sur fonds propres) jusqu’en 2026, ainsi que ses moteurs de croissance pour l’après 2026", souligne Bank of America. BNP Paribas vise un ROTE supérieur à 12 % en 2026 (contre 11,5 % en 2025), porté par plusieurs leviers : une croissance annuelle des revenus de plus de 5 % sur 2024-2026, intégrant l’impact d’AXA IM ; un effet de ciseaux moyen de 1,5 point par an ; et une progression du bénéfice par action au-delà de 8 %. Autant d’indicateurs d’une trajectoire solide, malgré un environnement encore incertain.

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