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Macro-économie / Taux

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Allemagne : son Conseil des Sages prévoit moins de croissance / Et l’enjoint à ne pas se tromper de cible avec son bazooka budgétaire

Les cinq chercheurs chargés de conseiller l’exécutif ultra-rhénan s’attendent à ce que l’activité allemande fasse du surplace cette année. Alors que la première économie européenne s’est donnée les moyens de conduire une politique budgétaire expansionniste quasi-inédite, ils appellent à la flécher vers l’investissement pour en maximiser les fruits.
Monika Schnitzer, présidente du Conseil des sages allemands - Tobias SCHWARZ / AFP
Monika Schnitzer, présidente du Conseil des sages allemands - Tobias SCHWARZ / AFP

En panne, l’Allemagne a les armes pour rebondir à condition de s’en servir avec doigté. La première économie de la zone euro devrait voir son Produit intérieur brut (PIB) stagner en 2025, a annoncé le Conseil des Sages, groupe de cinq experts chargés d’éclairer l’exécutif ultra-rhénan sur les questions économiques. Pour mémoire, l’économie allemande s’était contractée de 0,3 % en 2023 et de 0,2 % en 2024, en lien avec la crise énergétique. Jusqu’ici, les Sages s’attendaient à une progression du PIB de 0,4 % cette année. Pour 2026, ils escomptent une hausse de 1 %.

"Dans un avenir proche, l’économie allemande sera fortement influencée par deux facteurs : la politique commerciale des États-Unis et le paquet budgétaire", a déclaré Monika Schnitzer, présidente du Conseil des Sages. Si les négociations commerciales sont du ressort de la Commission européenne, il revient à l’Allemagne de décider la façon dont elle va mobiliser son bazooka budgétaire. La nouvelle coalition a fait adopter un ensemble de mesures permettant de déployer des moyens inédits depuis la réunification.

Le "frein à l’endettement" a été amendé. Pour mémoire, mis en place dans la foulée de la crise financière mondiale en août 2009, ce dernier implique que chaque année, le déficit structurel (solde ajusté des effets de la conjoncture) de l’Allemagne ne doit pas dépasser 0,35 % du Produit intérieur brut (PIB) au niveau fédéral. Désormais, les dépenses de défense supérieures à 1 % du PIB sont exclues du calcul. En outre, les Länder peuvent désormais s’endetter à hauteur de 0,35 % du PIB. Enfin, un fonds dédié aux infrastructures doté de 500 milliards d’euros (à dépenser sur dix ans) va être mis sur pied.

Alors que le PIB nominal de l’Allemagne représente 4 400 milliards d’euros, ce sont plus de 1 000 milliards d’euros qui pourraient potentiellement être injectés sur dix ans (ce n’est pas encore très clair puisque les règles budgétaires européennes pourraient venir gâcher la fête).

"Le paquet budgétaire représente une grande opportunité : s’il est bien utilisé, les fonds peuvent préparer l’Allemagne à relever les défis futurs et remettre l’économie sur une trajectoire de croissance plus forte", a indiqué Achim Truger, membre du Conseil. "Plus les fonds du paquet budgétaire sont consacrés à des investissements, plus l’effet à long terme sur le PIB sera important", a-t-il ajouté. Les Sages estiment que si les fonds sont utilisés à des fins de consommation, le ratio d’endettement public augmentera considérablement.

"Un taux d’investissement d’au moins 10 % du budget de base devrait également être prévu dans la loi instituant le fonds spécial pour les infrastructures. Des taux d’investissement appropriés devraient aussi être définis pour les allocations de ce fonds spécial vers le Fonds pour le climat et la transformation (KTF) ainsi qu’aux Länder", avancent les Sages.

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