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Worldline / Pierre-Antoine Vacheron
Worldline : Premier point d’étape de Pierre-Antoine Vacheron devant les actionnaires / Réorganisation et transformation culturelle au cœur du redressement
"Cette première période de 100 jours a été très engagée pour aller au plus vite dans le diagnostic et créer une dynamique de rupture requise par la situation." Trois mois après sa nomination à la direction générale de Worldline, Pierre-Antoine Vacheron s’exprimait jeudi pour la première fois devant les actionnaires à l’occasion de l’assemblée générale du groupe qui se tenait à la Tour Cœur Défense. L’occasion de livrer sa première analyse et un point d'étape sur les initiatives prises depuis son arrivée dans le but de remettre l'entreprise sur les rails.
La nouvelle dynamique impulsée par le directeur général de Worldline a donné de premières avancées concrètes, notamment sur le plan commercial. La nouvelle offre e-commerce développée par Worldline pour le réseau Crédit Agricole, commercialisée sous la marque Call, a déjà séduit "plus de 150 petits commerçants". De son côté, l’offre Wero – développée par l’European Payments Initiative (EPI) – qui permet des transferts d'argent instantanés entre particuliers via les applications bancaires des établissements membres, "sera déployée dès cet été en Allemagne", a-t-il précisé. Un levier stratégique pour le groupe, qui y voit un moyen de renforcer sa présence sur le marché européen des paiements numériques, dominé par Visa, Mastercard, PayPal ou Apple Pay.
Parallèlement, Worldline a commencé à livrer en Belgique et en Allemagne les nouveaux terminaux de paiement, dont la pénurie avait pénalisé le premier trimestre.
Une équipe de choc
Autre chantier prioritaire : le renforcement de l’infrastructure technologique du groupe. Le directeur général a lancé une revue approfondie des plateformes, des incidents et du support client, jugé insuffisant. En attendant la prise de fonction d’une nouvelle directrice informatique au 1er juillet, "j’ai renforcé les équipes au niveau de la gestion des opérations parce qu’il ne fallait pas attendre", a-t-il expliqué, soulignant l’urgence absolue d’agir sans délai.
Ces recrutements s’inscrivent dans un mouvement plus large, mais ciblé, de renouvellement des postes exécutifs. Les premières nominations, annoncées le 23 avril, concernent un nouveau responsable des services aux petits commerçants et un nouveau directeur des risques, tous deux très expérimentés. "Mon objectif, c'est d'avoir complété le dispositif managérial d'ici à la fin du troisième trimestre et d'avoir ainsi une équipe de choc pour mener à bien la transformation", a-t-il poursuivi.
Mais Pierre-Antoine Vacheron prévient que l’organisation ne fait pas tout, soulignant que le redressement ne se fera pas sans une transformation touchant autant à l’identité qu’à l’état d’esprit de l’entreprise. Son diagnostic est d’ailleurs sans concession : "La renaissance de Worldline passera par un vrai changement culturel au sein des équipes dirigeantes. Aujourd’hui, il y a trop de bureaucratie, trop peu de décisions prises au bon niveau, et un manque d’exigence dans la quête de l’excellence, notamment en matière d’expérience client.". C’est sur des bases simples et saines que le dirigeant entend donc bâtir cette nouvelle phase du groupe.
Trois axes clés pour la relance
Au-delà du premier enjeu à court terme, qui demeure la remise en ordre de marche de l’organisation, le nouveau directeur général a identifié deux autres défis majeurs pour les mois à venir. L'un consiste à "simplifier la problématique de la société et de ses filiales, en rationalisant le portefeuille d’activité". Quant au troisième, il va s'agir d' "identifier les opportunités de croissance futures et à définir une stratégie d’allocation du capital", avec pour objectif de présenter ces orientations lors d’un Capital Market Day prévu à la fin de l’automne.
En attendant, Worldline poursuit l’optimisation de sa gestion financière. Le plan d’économies additionnel de 50 millions d’euros pour 2025, portant à la fois sur les dépenses opérationnelles et les investissements, "avance conformément aux attentes, avec un impact naturellement plus marqué au second semestre", a-t-il indiqué. Parallèlement, le groupe gère activement son bilan : après avoir signé à l’été 2024 une facilité de crédit renouvelable de 1,125 milliard d’euros à échéance 2029, il a réalisé deux émissions obligataires (en novembre 2024, puis en juin 2025) à 5 ans, permettant d’étaler son endettement.
Cette manœuvre offre à Worldline une marge de manœuvre bienvenue pour restaurer sa profitabilité, en évitant une crise de liquidité à court terme. Néanmoins, le coût de cette nouvelle dette, avec un coupon supérieur à 5 %, renforce aussi l’urgence de relancer la croissance et de restaurer la génération de cash-flow libre, mise à mal par la charge d’intérêts plus élevée. Lors de la publication des résultats du premier trimestre, Pierre-Antoine Vacheron l’avait d’ailleurs rappelé sans détour : la croissance est l' "enabler", le principal moteur du cash-flow, et donc la pierre angulaire de la solidité financière du groupe.
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