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Assemblée générale : Canal + s’explique sur le choix de Londres pour sa cotation / L’amélioration du cours de Bourse est une question de temps

À l’occasion de sa première assemblée générale en tant que société cotée, Canal + a exposé à ses actionnaires les fondements de sa stratégie et défendu ses choix récents, notamment celui d’une cotation à Londres. Si la valorisation actuelle déçoit, les dirigeants affirment leur confiance dans la solidité des fondamentaux du groupe et dans la trajectoire de croissance à moyen terme, portée par l’expansion à l’international, les efforts pour regagner de la rentabilité en France et l’intégration de MultiChoice.
Maxime Saada (Photo by Jaak Moineau / Hans Lucas via AFP)
Maxime Saada (Photo by Jaak Moineau / Hans Lucas via AFP)

Ce 6 juin 2025 fera date chez Canal +. Si c’est ce vendredi que le groupe a officiellement quitté la TNT française, il a aussi tenu aujourd’hui sa première assemblée générale en tant que société cotée au London Stock Exchange.

 

Londres, un choix cohérent avec la stratégie du groupe

 

L’occasion d’ailleurs pour les actionnaires réunis à l’Olympia (propriété du groupe) d’interroger les dirigeants sur le choix de Londres pour sa cotation, le 9 décembre dernier. "Quand Vivendi a initié son projet de spin-off l’année dernière, ce fut l’occasion de réfléchir aux meilleures places de cotation pour chacune des entités scindées (Canal +, Vivendi, Hachette et Havas, ndlr) selon leurs problématiques stratégiques propres. Pour Canal +, elles étaient au nombre de deux : le développement à l’international pour pouvoir faire face à une concurrence majoritairement anglo-saxonne (Netflix, Amazon, etc), et la bonne réalisation de notre opération avec MultiChoice Group. C’est donc dans ce contexte que la Bourse de Londres a été choisie, car elle répond à notre engagement international et il existe également au London Stock Exchange un processus de fast-track permettant d’avoir une double cotation facilitée avec Johannesburg- une autre de nos ambitions ", a rappelé Yannick Bolloré, président du conseil de surveillance de Canal +, reconnaissant que le cours de Bourse était, pour l’instant, en-deçà des attentes de l’entreprise, à 2,5 euros ce vendredi.

 

Confirmation des perspectives

 

"Au départ, la valorisation de Canal + au sein de Vivendi était autour de 6 milliards d’euros. Plusieurs éléments peuvent expliquer l’évolution du cours du titre depuis notre cotation. D’abord, elle est liée au spin-off, beaucoup d’actionnaires peuvent choisir de vendre leurs actions lors de ce type d’évènements et il est vrai que nous avons subi un flow-back très important. Ensuite, et les semaines précédant la cotation, les analystes ont baissé la valorisation donnée en termes de ‘target price’ ", a-t-il expliqué, appelant à la confiance. " Il faut prendre en compte deux choses : le temps, pour nous faire connaître sur les marchés, et les fondamentaux de l’entreprise. Et ceux-ci sont très bons ".

A noter d’ailleurs qu’en marge de l’assemblée générale, le groupe a fait savoir qu’il confirmait pleinement ses objectifs annuels en termes de chiffre d’affaires - "sa prévision de croissance organique sera plus que compensée par l’arrêt de C8 et de certains contrats " - et d’Ebita à 515 millions d’euros, "avec une amélioration ponctuelle et significative de la trésorerie attendue en 2025, ainsi que des améliorations structurelles de la trésorerie prévues pour les années à venir".

"Le cours actuel de l’entreprise ne reflète en rien la valeur du groupe et encore moins son potentiel de croissance ", a insisté le président du directoire, Maxime Saada.

 

Un potentiel immense

 

Quelques minutes plus tôt, le dirigeant avait en effet expliqué aux actionnaires les forces de Canal + sur le marché de la télévision payante. "Avec l’arrivée des plateformes américaines, la taille du marché adressable à Canal + est passée de 35 % en 2016 à 71 % l’année dernière, soit un doublement. Par ailleurs, notre potentiel de gains d’abonnés est encore très fort du fait de l’acquisition de MultiChoice. Si nous avons aujourd’hui près de 27 millions d’abonnés à travers 50 pays, l’Afrique subsaharienne pourrait compter 2 milliards d’habitants d’ici 2050, avec une croissance du produit intérieur brut de 5 % pour les prochaines années. La télévision payante y a donc beaucoup de potentiel avec une taille de marché de seulement 38 % actuellement ", a-t-il souligné.

Autre facteur notamment qui jouera, selon le groupe, sur l’amélioration de son cours de Bourse : le retour à la profitabilité en France. "Nous revenons de très loin. Nous perdions encore 400 millions d’euros il y a quelques années. Aujourd’hui, la situation s’est améliorée mais elle n’est pas encore satisfaisante. C’est pour cela que nous avons engagé des décisions courageuses de réduction de coûts ", a-t-il rappelé, détaillant ainsi le choix de Canal + de ne pas renouveler son engagement auprès de la Ligue 1 de football, de mettre fin à ses accords avec Disney, de renégocier l’enveloppe allouée au cinéma français et européen, et de sortir de la TNT payante (gains de 5 millions de coûts fixes par an). "Nous n’avons pas perdu la Ligue 1 comme certains le disaient. Nous avons choisi de ne pas mettre un montant déraisonnable. Cette décision a été sans conséquence sur notre parc d’abonnés fans de football puisque nous sommes le premier diffuseur mondial de la Ligue des Champions, avec une diffusion des matchs en intégralité et en exclusivité. Si bien que l’année au cours de laquelle nous avons choisi de ne pas diffuser le championnat (2024), la croissance du parc d’abonnés en France a été la plus forte depuis 18 ans ", s’est-il félicité, avant d’ajouter, que "la victoire du Paris Saint-Germain, samedi dernier, est une merveille pour les abonnements ".

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