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Rémy Cointreau / Assemblée générale
Rémy Cointreau compte bien renouer avec la croissance / Son conseil d'administration accueille aussi une nouvelle membre
Chez Rémy Cointreau, le mot d’ordre pour l’exercice 2025-2026 est clair : la croissance avant tout. Entré en fonctions le 25 juin dernier, Franck Marilly, le nouveau directeur général de la maison de cognac et de spiritueux, animait mardi sa première assemblée générale des actionnaires en tant que patron du groupe. "Notre priorité absolue est de renouer avec la croissance du chiffre d’affaires", a-t-il ainsi indiqué. De fait, le groupe l’a d’ailleurs annoncé lors de sa dernière publication financière : il anticipe que ses revenus s’installeront sur une dynamique positive pour l’exercice en cours, autour de 5 %, alors même qu’ils ont marqué le pas à hauteur de 18 % au titre de celui, clos, de 2024-2025.
Il faut dire que la filière de Rémy Cointreau a dû faire face à de nombreuses difficultés au fil des derniers trimestres. On y retrouve, pêle-mêle : la normalisation de la consommation après la crise sanitaire, le fait que ce secteur se soit retrouvé sous le joug d’une enquête anti-dumping chinoise - désormais conclue et au titre de laquelle le groupe a passé un accord avec le gouvernement chinois -, à laquelle s’ajoutent en prime les menaces de barrières douanières américaines. L’horizon pourrait donc effectivement être plus clair.
Plusieurs leviers
Pour autant, Franck Marilly a assuré : "Nous faisons face à de nombreux défis, mais aussi à des opportunités". Et le nouveau directeur général Rémy Cointreau de détailler plusieurs remarques de fond. Tout d’abord, celle de la solidité des marques du groupe, associée à un positionnement sur le haut de gamme toujours pertinent. Ensuite, la dimension conjoncturelle des difficultés du secteur du cognac. Enfin, les capacités d’innovation et le lancement prévu de nouvelles campagnes, qui viseront à recruter de nouveaux clients. De quoi permettre également au groupe de renforcer la désirabilité de ses marques au travers de l’innovation, tout en construisant mieux encore une légitimité locale.
D’autant que Rémy Cointreau ne compte pas seulement s’appuyer sur son cœur de métier, le cognac pour accélérer son retour à la croissance. "Nos marques hors cognac représentent un levier clé pour soutenir la reprise du chiffre d’affaires", a observé Franck Marilly, citant notamment le Cointreau, capable de capitaliser sur la légitimité de l’entreprise dans l’univers des cocktails. "Au-delà de nos marques et de nos produits, nous cherchons aussi à mieux équilibrer notre empreinte géographique en accélérant la croissance en dehors des États-Unis et de la Chine", a indiqué le patron de Rémy Cointreau. Dans l’Empire du Milieu, Rémy Cointreau anticipe par exemple à court terme de s’étendre au-delà de la région du Guangdong, où il est pour l’heure essentiellement présent. À moyen terme, une accélération au Brésil est aussi prévue, tandis que le groupe compte mettre plus sérieusement le cap sur le marché indien.
Néanmoins, les deux régions clés de Rémy Cointreau devraient pouvoir s’attendre à des jours meilleurs. Les résultats récents, aux États-Unis, semblent par exemple indiquer que le point bas est désormais dépassé, a souligné le directeur général du groupe : "Nous avons observé une reprise graduelle au long de l’année, les indicateurs clés sont orientés à la hausse. Le pire est passé, les actions engagées portent leurs fruits ". "Notre politique de prix est cohérente, nous n’avons pas cédé à ce sujet pour aller chercher du volume à court terme. Nous avons réduit l’écart avec la concurrence. Notre stratégie est la bonne : nous regagnons du terrain sans faire baisser nos marges", a ajouté Franck Marilly. Il s’agira finalement de trouver le bon équilibre, a-t-il résumé. Soit de ne pas compromettre la stratégie de valeur, garantir la compétitivité et la pertinence des marques, tout en restant agile afin de s’adapter de manière tactique si nécessaire.
Un conseil d’administration paritaire
Si Rémy Cointreau a pour l’heure suspendu ses objectifs de moyen terme, compte tenu du manque de visibilité macroéconomique – une décision aussi motivée par l’arrivée du nouveau directeur général, qui définira sa propre feuille de route -, il pourra également compter sur de nouvelles compétences au sein de son conseil d’administration afin d’appuyer la poursuite de l’élaboration de sa stratégie. Ses actionnaires ont en effet approuvé, lors de l’assemblée générale, la nomination de Jessica Spence en son sein, en tant que membre indépendante.
Une spécialiste du secteur des spiritueux, ayant notamment été vice-présidente commerciale de l’Asie puis vice-présidente commerciale exécutive chez Carlsberg, ou encore première présidente des marques de Suntory Global Spirits (regroupant notamment les whiskys Jim Beam, Marker’s Mark ou House of Suntory). Grâce à l’approbation du renouvellement des mandats de la présidente du groupe, Marie-Amélie de Leusse, et de ses administrateurs Hélène Dubrule, Jérôme Bosc et Alain Li, le board de Rémy Cointreau a désormais atteint un taux de féminisation de 50 % (contre 42 % avant l’assemblée générale), tandis que son taux d’indépendance s’affiche toujours à 58 %.
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