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General Partners
Les General Partners face à une montée des contraintes / Données, conformité, transparence : une profession sous tension
On le sait, une partie des marchés privés traverse une période de ralentissement. Fin 2024, plusieurs segments comme le capital-risque ou l’immobilier commercial montraient des signes d’essoufflement, tandis que d’autres, comme l’infrastructure ou la dette privée, résistaient mieux. Mais dans l’ensemble, les levées de fonds s’allongent, les sorties se font attendre, et les allocations des Limited Partners (LPs) deviennent plus sélectives.
Dans ce climat plus tendu, il peut être éclairant de se détourner des grands agrégats pour observer ceux qui pilotent ces actifs au quotidien. Comment les General Partners, en première ligne, s’adaptent-ils à cette nouvelle donne ? Une récente étude publiée par MSCI tente d’y répondre, après avoir sondé près de 100 GPs à travers le monde sur leurs principaux défis opérationnels : fundraising, sourcing, relations investisseurs, conformité ou encore gestion des données.
Lever des fonds, un parcours semé d’obstacles
Parmi les préoccupations les plus répandues, la levée de fonds reste au premier plan. Dans un marché devenu plus concurrentiel et moins fluide, capter le capital des LPs ne va plus de soi pour les GPs, grands ou petits. Deux tiers d’entre eux la placent dans leur top 5 des préoccupations, et près de 60 % des petits GPs l’identifient comme une difficulté majeure, indique ainsi MSCI.
Les petits acteurs peinent à se différencier, à accéder aux bons investisseurs, à rassurer sur leur track record. "Pour les plus petits GPs, les difficultés de levée de fonds apparaissent souvent dès l’amont : il leur faut d’abord accéder aux investisseurs institutionnels, se démarquer en tant qu’acteurs de niche, et lever les craintes liées au risque de premier fonds lorsque c’est le cas", expliquent les auteurs de l'étude.
Les plus gros, eux, doivent répondre à des attentes de plus en plus sophistiquées : personnalisation des allocations, transparence accrue, reporting sur mesure. La pression ne se mesure plus seulement en montants levés, mais aussi en qualité de service délivrée aux partenaires. Le véritable défi consiste alors à fidéliser les relations existantes lors des re-ups.
Un capital difficile à placer
Mais attirer le capital ne suffit pas. Encore faut-il l’investir dans des conditions satisfaisantes. Et sur ce terrain aussi, les difficultés s’accumulent. Trouver des opportunités attractives - sous-évaluées, à fort potentiel ou à bon profil de risque - devient plus ardu. Ainsi, l’étude révèle que 53 % des GPs déclarent avoir des difficultés à trouver des opportunités attractives dans un marché où les valorisations restent tendues et la concurrence forte. La rareté des actifs sous-évalués ou à fort potentiel pousse les équipes à élargir leur champ d’action, au prix d’une complexité accrue dans les processus de due diligence.
Chez les grands GPs, cette diversification géographique et sectorielle rend les vérifications plus longues et plus techniques. Chez les petits, c’est l’accès même aux opportunités qui fait défaut, faute de réseaux ou d’outils adaptés.
Ce durcissement du contexte s’accompagne d’un changement profond dans la relation aux LPs. Ceux-ci exigent désormais un niveau de transparence et de lisibilité inédit. Les rapports doivent être plus fréquents, plus granulaires, plus contextualisés. Il ne s’agit plus de publier des chiffres, mais de raconter une histoire crédible, fondée sur des données fiables et comparables. Or beaucoup de GPs en sont encore loin. L’étude pointe le manque d’automatisation, les systèmes d’information éclatés, les difficultés à produire des analyses intégrées en temps réel. Ainsi 41 % des grands GP et 33 % des petits GP ont cité les exigences de reporting spécifiques aux clients comme l'un de leurs principaux défis.
Comparer les performances, mission délicate
Ce manque d’outillage se manifeste avec acuité lorsqu’il s’agit de justifier la performance à travers des benchmarks. Les GPs doivent se comparer, mais à quoi exactement ? Dans des stratégies de niche, ou en l’absence d’indices de référence standardisés, l’exercice devient délicat. Même pour les grands acteurs, s’appuyer sur des comparables cotés ne suffit plus : cela crée un décalage dans le dialogue avec les LPs, qui peinent à interpréter ces repères dans un cadre d’investissement non coté.
À ces défis s’ajoute la montée en puissance de la contrainte réglementaire. Entre les exigences ESG, les obligations de transparence et la diversité des juridictions, la conformité est devenue une charge lourde, chronophage, parfois paralysante. L’étude montre que, là encore, les infrastructures ne sont pas toujours au niveau : beaucoup de processus restent manuels, dispersés, peu adaptables.
En filigrane, l’étude de MSCI plaide pour une transformation plus profonde. "Un tiers des GPs déclarent ne pas avoir accès à des données sur les actifs privés en lesquelles ils ont pleinement confiance, ce qui limite leur capacité à lever des fonds, analyser les risques, rendre compte aux LPs et croître", soulignent ses auteurs. Les GPs ne peuvent plus se contenter d’ajuster leurs process à la marge. C’est une modernisation systémique de l’infrastructure de données, du dialogue avec les LPs et des outils de pilotage qui est désormais nécessaire.
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