Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Banque de France / Inflation / produits alimentaires
Macro-économie / Taux
Banque centrale européenne / Banque de France / Inflation / produits alimentaires
Cette inflation que regardent de près les ménages / Les prix alimentaires sont également suivis attentivement par la BCE
Des ajustements plus fréquents qu’il n’y paraît. Les ménages de la zone euro sont particulièrement attentifs à leur panier de course et s’ils n’ont pas toujours une perception de l’inflation en phase avec sa réalité il ne leur aura pas échappé qu’il n’y a pas besoin d’une période de forte inflation pour voir les prix alimentaires fluctuer. Le dernier bulletin de la Banque de France argue que chaque semaine – lors de la période 2022-2024- c’est près d’un produit alimentaire sur 10 qui "voit son prix modifié dans les grands pays de la zone euro ".
Consciente de l’importance de ces biens alimentaires pour la perception de la dynamique d’inflation, la Banque centrale européenne a dans la foulée de l’explosion du coût des matières premières procédé à la création d’un outil bien spécifique. Ce dernier collectant tous les jours des milliers de prix dans les supermarchés de la zone euro, cette récolte effectuée sur internet permet de tirer plusieurs enseignements sur la façon dont les prix des produits alimentaires s’ajustent au fil du temps.
Temporaire
Les deux auteurs du bulletin considèrent qu’au vu des données compilées sur les vingt-quatre mois, il ne fait pas de doute qu’au cours de "la vague inflationniste, les hausses de prix ont été plus fréquentes que d’habitude, mais d’une amplitude inchangée" et qu’à compter de la moitié de l’année 2023, il s’avère que l’ajustement des prix a fini par se normaliser avec une proportion similaire de baisses et de hausses. Au-delà de ce constat, d’autres vertus du suivi en temps réel de l’alimentaire sont mises en avant puisque loin d’être une part négligeable du panier de consommation des ménages avec près de 20 % de ce dernier.
La transmission des prix des matières premières agricoles à ceux des produits alimentaires n’étant pas une chose aisée à prédire, la présence de cet outil est précieuse pour la BCE tant les "données granulaires de prix à fréquence journalière permettent de comprendre les modes d’ajustement des prix des produits alimentaires : combien de prix sont modifiés chaque jour, combien de prix augmentent ou diminuent sur une période donnée et plus globalement, comment un choc économique se transmet à l’inflation".
Moteur
À rebours de certaines idées reçues, il s’avère que ce ne sont pas avant tout des augmentations importantes et soudaines qui ont conduit à l’inflation des prix des produits alimentaires sur la période 2022-2023, c’est davantage "la proportion plus élevée de hausses de prix parmi les changements" qui a largement contribué à ce phénomène. Cela s’est estompé sur la fin de la période et a permis une normalisation de l’ajustement des prix.
Les auteurs expliquent qu’en moyenne un changement qu’il s’opère à la hausse ou à la baisse est de l’ordre de 15 % en valeur absolue. De quoi expliquer que " le changement de prix moyen sur une semaine (hausses et baisses confondues) a été beaucoup plus important : il a atteint 4,1 %, contre 0,6 % entre 2023 et 2024 ". Le retour à la normale est lié certes à une relative détente des cours internationaux, mais pour les auteurs la politique monétaire a également joué un rôle.
L’occasion pour eux de vanter les mérites de décisions ayant permis de contenir "la diffusion de ces hausses de prix à l’ensemble de l’économie, notamment en empêchant les anticipations d’inflation d’augmenter durablement, ce qui aurait entraîné une inflation durablement plus élevée". Ils veulent y voir une preuve supplémentaire de la pertinence d’outils similaire à celui-ci tant la mise à disposition de données afin de mieux comprendre la façon dont les prix à la consommation sont sujets aux chocs économiques.
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