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Atos affiche une trésorerie mieux maîtrisée / Reste à enclencher la dynamique de reprise

Avec 1,8 milliard d’euros de liquidité à fin juin, Atos affiche sans surprise une situation financière assainie, à la suite de sa restructuration. La consommation de trésorerie s’est nettement réduite, marquant une première inflexion positive. Mais ce répit reste conditionné à un retour à la croissance organique dès 2026, pari central du plan de redressement. La publication des résultats semestriels, attendue le 1er août, apportera un premier éclairage concret sur la solidité de cette trajectoire.
Philippe Salle, le président-directeur général d'Atos (Photo by JOEL SAGET / AFP)
Philippe Salle, le président-directeur général d'Atos (Photo by JOEL SAGET / AFP)

La transparence n’a pas toujours été le point fort d’Atos. Avant la profonde restructuration financière engagée fin 2024, le groupe avait souvent été critiqué pour une communication jugée peu lisible, marquée par des retraitements comptables complexes et une gouvernance instable. C’est donc peu dire que la publication, le 20 juillet, d’une estimation de la position de liquidité au premier semestre 2025 tranche avec les pratiques du passé. Certes, l’exercice est imposé par les engagements pris auprès des créanciers. Mais il n’en reste pas moins salutaire : dans la période actuelle, il est précieux de pouvoir suivre, trimestre après trimestre, l’évolution de la trésorerie et de la consommation de cash de la société.

À fin juin, la position de liquidité de l’entreprise dirigée par Philippe Salle s’élève à 1,8 milliard d’euros, dont 1,36 milliard de trésorerie disponible et 440 millions de facilité de crédit non utilisée. Un niveau bien supérieur au plancher de 650 millions d’euros requis par les covenants bancaires. Surtout, la consommation nette au premier semestre, estimée à 96 millions d’euros, est sans commune mesure avec celle enregistrée un an plus tôt (686 millions d’euros).

De plus, "une amélioration est à noter entre le premier et le deuxième trimestre 2025 pour un montant de 79 millions d’euros", observe le cabinet Octo Finances, qui souligne également la baisse du cash dit trapped – c’est-à-dire non immédiatement disponible – passée de 600 à 486 millions d’euros, renforçant la liquidité mobilisable du groupe. De son côté, Invest Securities évoque une "position de trésorerie solide", tout en rappelant que cette dernière reste brute et ne tient pas compte de la dette financière ajustée, toujours autour de 3 milliards d’euros.

Le signal est encourageant, mais la maîtrise apparente de la trésorerie n’a de sens que si elle s’inscrit dans une dynamique opérationnelle crédible. Le plan de redressement, présenté par Philippe Salle en mai dernier, table sur un retour à la croissance organique et à une génération de trésorerie positive dès 2026, un scénario que plusieurs analystes, dont ceux d’Oddo BHF, jugent ambitieux. La publication des résultats semestriels, attendue le 1er août, devrait permettre de vérifier si cette trajectoire commence à prendre corps. Il ne reste que quelques jours à patienter, mais l’enjeu est de taille : tout l’équilibre du plan repose sur un pari, celui d’un rétablissement opérationnel suffisamment rapide pour conforter les bases financières du groupe.

 

Des signaux positifs sur le front commercial

 

À en juger par les dernières annonces commerciales, il semble qu’Atos retrouve un certain dynamisme, en particulier dans le secteur public. Ces dernières semaines, le groupe a multiplié les signatures de contrats structurants, notamment avec l’UGAP en France, pour l’assistance à la conception et à la performance des salles informatiques publiques, ou encore avec le ministère britannique de la Justice, dans le cadre d’un accord de 58 millions de livres sur quatre ans. En mars déjà, Atos avait remporté un contrat de 150 millions de livres avec le DEFRA (ministère britannique de l’Environnement), portant sur la consolidation des plateformes et services utilisateurs. Reste à voir comment ces avancées se sont traduites dans les comptes semestriels.

Si la consommation de trésorerie reste maîtrisée, et à condition que les pertes de contrats s’enrayent tandis que les premières signatures récentes commencent à produire leurs effets, un cercle vertueux pourrait s’enclencher. Cela viendrait renforcer la crédibilité du scénario de reprise et confirmer que la restructuration financière menée en 2024 aura suffi à stabiliser durablement Atos.

À l’inverse, si les comptes du deuxième trimestre reflètent une dynamique toujours fragile ou un affaissement des prises de commandes, le doute pourrait revenir s’installer. Le risque serait alors de voir se dessiner un cercle vicieux : une remise en cause du plan, un regain d’inquiétude sur la situation financière, et, en bout de chaîne, une pression accrue sur l’activité elle-même, via la méfiance des clients.

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