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Atos / Philippe Salle
Atos tourne la page sud-américaine / Le recentrage géographique prend forme
Le périmètre du nouvel Atos n’a pas fini de se redessiner. Sept mois après la présentation de sa feuille de route, le groupe vient de signer, à la toute fin de l’année, un accord engageant pour céder l’ensemble de ses opérations en Amérique du Sud à la société brésilienne Semantix, spécialisée dans les services de données, d’analytique avancée et d’intelligence artificielle à destination des grandes entreprises de la région.
Une opération annoncée le 26 décembre, au lendemain de Noël, qui marque une nouvelle étape concrète dans la mise en œuvre du plan de transformation Genesis. Tandis que le groupe s’emploie à redresser sa performance de manière organique, l’entreprise avance également sur le front des fusions-acquisitions. On se souvient qu’elle avait d’ailleurs annoncé, le 1er septembre 2025, la nomination de Camille Le Provost comme directrice des fusions-acquisitions, spécialiste des opérations complexes et internationales, passée notamment par BNP Paribas et Rabobank.
Sortir des marchés périphériques
Si les termes financiers de l’accord n’ont pas été détaillés, le périmètre concerné est loin d’être marginal. Il regroupe environ 2 800 salariés répartis au Brésil, en Argentine, au Chili, en Colombie, en Uruguay et au Pérou, appelés à quitter le groupe pour être intégrés au dispositif de Semantix dans les prochains mois, une fois les conditions usuelles franchies.
Cette cession s’inscrit directement dans la logique stratégique poursuivie par Philippe Salle depuis sa prise de fonctions. Lors de la présentation du plan Genesis au printemps, la direction avait explicitement assumé l’idée d’une modification du périmètre du groupe, à la fois en termes de métiers et de géographies, rompant avec l’ambition d’une présence mondiale tous azimuts. Cette inflexion se traduit désormais dans les faits.
La cession des activités sud-américaines relève d’ailleurs d’une logique différente de la première opération emblématique menée cet été. Fin juillet, le groupe avait signé avec l’État français un contrat de cession de son activité Advanced Computing, pour une valeur d’entreprise de 410 millions d’euros, actant la sortie d’un métier stratégique mais capitalistique. L’opération annoncée aujourd’hui s’inscrit dans une autre grammaire : celle d’une rationalisation géographique assumée.
Dans sa feuille de route, le groupe a expliqué vouloir se concentrer sur une "empreinte mondiale ciblée", structurée autour de quelques pôles jugés prioritaires, en Europe et en Amérique du Nord, complétés par un hub de marchés internationaux. Les zones ne répondant pas à des critères de rentabilité ou de potentiels suffisants devaient être progressivement sorties du périmètre, principalement au sein du bloc des marchés internationaux. L’Amérique du Sud figurait clairement parmi ces régions périphériques.
Cette cession pose, en creux, la question du rythme et de l’ampleur des prochains ajustements à venir. En actant une sortie nette d’un sous-continent entier, le groupe montre que le plan Genesis n’hésite pas à trancher dans son périmètre géographique.
La dette en ligne de mire
Au-delà de la lecture industrielle, l’opération apparaît également bienvenue sur le plan financier. Même sans communication sur les conditions économiques de la cession, toute réduction de périmètre contribue à alléger une structure de bilan encore contrainte, alors que la question de la dette demeure centrale pour le management. À fin juin, l’endettement brut du groupe s’élevait à 3,1 milliards d’euros, pour un ratio de levier financier de 4,0 fois, défini comme le rapport entre l’endettement financier et l’excédent brut opérationnel (EBO), mesure de la rentabilité opérationnelle avant amortissements.
Les résultats annuels 2025, attendus le 6 mars prochain, constitueront à cet égard un rendez-vous important pour apprécier la poursuite du redressement de la marge amorcé au troisième trimestre et, plus largement, la crédibilité de la trajectoire engagée. Une crédibilité qui semble commencer à se refléter en Bourse : à Paris, l’action progressait de plus de 5 % lundi, à 48 euros, portant ses gains à près de 84 % depuis le début de l’année.
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