Entreprises / Actions / BNP Paribas
Entreprises / Actions
BNP Paribas
BNP Paribas délivre un deuxième trimestre maîtrisé / Des résultats robustes et une montée en puissance attendue des revenus de détail
Les investisseurs ne s’y trompent pas. Parmi les plus fortes hausses du CAC 40 jeudi, l’action BNP Paribas gagnait 2,5 %, à 80,50 euros, alors même que ses résultats au deuxième trimestre 2025 confirmaient la solidité de sa trajectoire, avec une activité en progression et une rentabilité toujours bien maîtrisée.
Derrière cette performance, la croissance des revenus du groupe, de l’ordre de 2,5 %, s’est accompagnée d’un effet de ciseaux favorable de 1,7 % supérieur à l’objectif fixé de 1,5 % - autrement dit, une hausse des revenus toujours plus rapide que celle des charges. Dans le même temps, le coût du risque, soit les provisions constituées par la banque pour couvrir d’éventuels impayés sur les crédits accordés, est resté contenu à 38 points de base des encours, en ligne avec la cible annuelle de le maintenir en dessous de 40 points.
Cette dynamique s’est ainsi traduite par une progression de 3,1 % du résultat avant impôt et un bénéfice net trimestriel de l’ordre de 3,3 milliards d’euros. Des résultats qui permettent à BNP Paribas de rester en ligne avec son objectif d’un résultat net supérieur à 12,2 milliards d’euros pour l’ensemble de l’année, contre 11,7 milliards l’an dernier.
Un dividende intérimaire acté
Au-delà de cette performance intermédiaire, la direction a confirmé l’ensemble des objectifs fixés à l'horizon 2026. Le groupe vise une croissance moyenne des revenus supérieure à 5 % entre 2024 et 2026, avec un effet de ciseaux positif d’environ 1,5 point par an, un coût du risque maintenu sous les 40 points de base, et un résultat net en progression annuelle de plus de 7 %.
Une trajectoire qui s’appuie sur une structure financière toujours solide. Le ratio CET1 ressort à 12,5 % à fin juin 2025, un niveau largement supérieur au seuil réglementaire de 10,48 %, fruit d’une gestion active du bilan. Conformément aux ambitions européennes de mieux orienter l’épargne vers l’économie réelle, BNP Paribas a poursuivi ses efforts d’optimisation des actifs pondérés, en s’appuyant notamment sur des opérations de titrisation dites SRT (Significant Risk Transfer) et d’assurance-crédit.
Explication : en transférant une partie du risque de crédit à des investisseurs ou à des assureurs, la banque réduit les exigences en fonds propres associées à ces actifs. Elle dégage ainsi des marges de manœuvre supplémentaires pour financer l’investissement sans dégrader sa solvabilité.
Et cela sans remettre en cause non plus sa politique de distribution. Annoncé en début d’année, le versement d’un dividende intérimaire à la fin septembre - correspondant à 50 % du résultat net du premier semestre - est bien confirmé pour l’exercice 2025.
CIB en soutien, inflexion en cours dans le retail
Dans le détail des pôles, la banque de financement et d’investissement (CIB) poursuit sa progression, avec une croissance de 4 % au global. Les activités de marchés (Global Markets) progressent de 5,6 %, tandis que Global Banking reste stable, la faiblesse du dollar ayant atténué la croissance réelle (qui aurait atteint environ 2 % à taux de change constants). Les services titres (Securities Services) affichent une croissance soutenue de 7,6 %.
Du côté des activités de banque commerciale et de services spécialisés (CPBS), la progression est limitée (+0,4 %), mais l’inflexion se confirme dans les réseaux de détail en France et en Belgique. Faut-il le rappeler, la prédominance des prêts à taux fixe dans ces marchés induit un effet retard : la hausse des taux ne se traduit que progressivement dans les revenus. Ce phénomène commence à produire des effets visibles au deuxième trimestre et devrait s’accentuer au second semestre. La trajectoire anticipée d’une croissance annuelle du produit net bancaire supérieure à 3 % pour ces activités est donc confirmée.
IPS progresse, focus à venir sur AXA IM
En parallèle, les métiers spécialisés présentent des dynamiques contrastées. Personal Finance (PF) bénéficie d’une réorganisation qui porte ses fruits, tandis qu’Arval souffre d’un effet de base défavorable lié à la disparition des plus-values exceptionnelles sur les véhicules d’occasion observées l’an dernier.
La division Investment & Protection Services (IPS) progresse de 4,4 %, portée par les activités d’assurance et de gestion de patrimoine. Cette dynamique devrait s’intensifier au second semestre avec l’intégration d’AXA Investment Managers en France et de l’activité de gestion d’actifs de HSBC en Allemagne.
Ces résultats s’inscrivent pleinement dans la trajectoire définie par la feuille de route stratégique de la banque, qui court jusqu’en 2026. Entre deux plans, BNP Paribas multiplie les éclairages ciblés sur certaines de ses activités, via des "deep dives" destinés à répondre aux attentes du marché et à fixer des objectifs au-delà de l’horizon initial.
C’est le cas pour Equity & Prime Services, les activités de banque commerciale en France ou encore Personal Finance, avec des ambitions désormais prolongées jusqu’en 2028. Ces jalons intermédiaires viendront alimenter les fondations du futur plan stratégique. Le prochain exercice du genre portera sur l’intégration d’AXA IM : probablement à l’occasion des résultats annuels.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

