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STMicroelectronics, victime collatérale des tensions de change / Le dollar faible assombrit l’éclaircie sur les marchés finaux

Les marchés finaux de STMicroelectronics montrent des signes tangibles de reprise, hors automobile. Mais la bonne nouvelle est éclipsée par la pression croissante sur les marges, sous l’effet d’un dollar affaibli face à l’euro.
La faiblesse du dollar rogne la marge de STMicroelectronics - Photo by Alexander Pohl/NurPhoto) (Photo by Alexander Pohl / NurPhoto via AFP
La faiblesse du dollar rogne la marge de STMicroelectronics - Photo by Alexander Pohl/NurPhoto) (Photo by Alexander Pohl / NurPhoto via AFP

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle dans les résultats du deuxième trimestre 2025 de STMicroelectronics. La bonne, c’est que la question qui revient de manière récurrente depuis plusieurs trimestres, celle de savoir si le point bas a été atteint sur les principaux marchés finaux, trouve enfin une réponse plutôt positive. Sans concerner tous les segments de manière uniforme, l’amélioration se confirme dans l’industrie, l’électronique grand public, l’informatique et les télécoms. Même l’automobile, encore en retrait sur un an, affiche une dynamique séquentielle bien orientée.

La mauvaise nouvelle vient du taux de change. La politique économique menée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir, marquée par un creusement des déficits et un regain de tensions commerciales, a affaibli le dollar face à l’euro. Une évolution qui pénalise les groupes européens fortement exposés au marché américain, comme STMicroelectronics. Résultat : la marge brute s’établit à 33,5 %, légèrement en dessous des 33,6 % attendus par le consensus.

 

Une trajectoire de marge sous contrainte

 

Surtout, cela transparaît encore davantage dans les prévisions. La marge brute attendue pour le troisième trimestre s’établit à 33,5 %, soit un niveau stable par rapport au deuxième trimestre, mais nettement inférieur aux 35,2 % anticipés par le consensus. Le groupe chiffre l’impact séquentiel sur sa marge brute à 140 points de base. "Cet impact provient principalement de l’effet de change, auquel s’ajoute le début des coûts non récurrents liés à notre programme de réorganisation industrielle. Pour être plus précis, environ 20 % des 140 points de base de baisse sont imputables à ce programme", a indiqué Lorenzo Grandi, le directeur financier, lors de la conférence avec les analystes.

Cette pression sur la rentabilité immédiate vient également perturber les perspectives à moyen terme. Interrogé sur le potentiel de progression de la marge brute à horizon 3,6 à 3,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, Lorenzo Grandi a reconnu que l’évolution du taux de change euro/dollar changeait la donne. Le modèle initial reposait sur une parité de 1,09. Or, avec un euro désormais proche de 1,15 voire 1,20 dollar, le potentiel de marge s’en trouve mécaniquement réduit, de l’ordre de 120 à 140 points de base selon ses calculs.

Pour autant, plusieurs leviers internes restent mobilisables. Les charges liées aux capacités inutilisées, encore élevées au troisième trimestre (340 points de base), devraient diminuer progressivement. L’efficacité industrielle continue de s’améliorer, même si elle reste encore inférieure aux niveaux visés. Enfin, le mix produit est appelé à évoluer, le poids de l’industriel étant encore en deçà de son potentiel au sein du portefeuille. "Tous ces éléments devraient soutenir la progression de la marge brute. Mais oui, le modèle initial reposait sur un FX à 1,09", a-t-il admis.

 

Des signaux de reprise visibles sur les marchés finaux

 

En Bourse, la sanction est brutale. L’action STMicroelectronics chutait de 15 % jeudi après-midi, à 23 euros. "La marge brute stable à 33,5 % est une déception, car elle est déjà impactée par le change, alors que nous pensions que cet effet se matérialiserait plus tardivement et plus progressivement, compte tenu du système de couverture en place ", observe le cabinet Oddo BHF.

Pour autant, au-delà de l’effet de change, il ne faudrait pas négliger les signaux encourageants que laissent entrevoir les marchés finaux de STMicroelectronics. Plusieurs segments sont clairement repartis à la hausse, à commencer par l’industrie, où Jean-Marc Chéry, le directeur général, constate une amélioration nette de la demande. " Les revenus industriels du deuxième trimestre ont dépassé les attentes, avec une forte croissance séquentielle et une amélioration sur un an, confirmant que le premier trimestre a marqué un point bas ", a-t-il souligné lors de l’échange avec les analystes. Et d’insister : "Ce n’est pas une reconstitution d’inventaire. C’est de la demande réelle."

Même dans l’automobile, seul segment encore en retrait en glissement annuel, le redressement est enclenché. "Nous confirmons que le premier trimestre a constitué un point bas pour les revenus automobiles", a rappelé Jean-Marc Chéry. Le groupe anticipe une progression séquentielle au troisième trimestre, puis une nouvelle hausse au quatrième, malgré l’effet ponctuel lié à un client. "Du point de vue de la demande produit, nous sommes globalement au point d’inflexion ", a résumé le dirigeant.

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