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AXA / Thomas Buberl

AXA défend sa trajectoire face aux effets de change / Croissance équilibrée et acquisition ciblée en Italie

Entre effets de change défavorables et dynamique opérationnelle solide, les résultats semestriels d’AXA donnent lieu à des lectures contrastées. Le groupe met en avant la robustesse de ses indicateurs sous-jacents et la continuité de sa trajectoire stratégique.
Thomas Buberl, le directeur général d'AXA (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)
Thomas Buberl, le directeur général d'AXA (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)

Tout est question de point de vue. C’est sans doute ce que l’on retiendra du premier semestre 2025 d’AXA, dont la publication a donné lieu vendredi à une nette correction boursière. Le titre décrochait vendredi de plus de 6 %, à 40 euros, alors qu’il venait, la veille, de flirter avec les 43 euros, tout près de dépasser ses records historiques de juin. Une réaction qui, au-delà de la déception sur le bénéfice net, peut aussi s’interpréter comme l’occasion de prendre des profits sur une valeur qui évoluait à ses plus hauts niveaux depuis des années.

AXA a publié un résultat net de 3,92 milliards d’euros au premier semestre, en repli de 2 % sur un an. Une contre-performance imputable " uniquement à la valorisation de marché des actifs et des dollars figurant à nos bilans ", a précisé le directeur général Thomas Buberl. Et de relativiser aussitôt : " Lorsque le dollar remontera, nous regagnerons cette perte. Il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter. "

 

Une performance sous-jacente conforme

 

Si l’on exclut ces éléments non récurrents, la performance du semestre apparaît robuste, et en tout cas conforme aux attentes du marché. Le résultat opérationnel sous-jacent atteint 4,465 milliards d’euros, en hausse de 5 % sur une base comparable, au plus haut de la fourchette attendue par les analystes. Le chiffre d’affaires progresse de 7 %, à 64,25 milliards d’euros, tiré par l’ensemble des segments d’activité et des zones géographiques. Le bénéfice par action sous-jacent gagne 8 %.

" Nous réalisons d’excellentes performances ce semestre, conformément aux objectifs de notre plan ", a résumé Thomas Buberl. Le groupe confirme sa cible annuelle d’une croissance du résultat opérationnel par action comprise entre 6 % et 8 %. " Nous sommes confiants dans notre stratégie à long terme et restons concentrés sur la mise en œuvre de notre plan actuel ", a-t-il ajouté.

Un plan, Unlock the Future (2024-2026), qui prévoit notamment de développer et renforcer le cœur de métier – assurance dommages des entreprises, santé, prévoyance collective et assurance des particuliers – tout en visant l’excellence technique et opérationnelle, grâce à un pilotage resserré des risques et des marges.

 

L’assurance directe, levier de développement

 

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’annonce, vendredi, de l’acquisition prochaine de l’assurtech italienne Prima pour 500 millions d’euros. Elle intervient un an après le rachat de Nobis, et vise à doubler la part de marché d’AXA dans l’assurance automobile en Italie. " Prima a réalisé un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros en 2024, en croissance depuis plusieurs années ", a rappelé Thomas Buberl.

Cette opération viendra alimenter un modèle à la croissance équilibrée. L’assurance dommages génère 34,1 milliards d’euros de revenus (+ 6 %), portés aussi bien par les entreprises (+ 5 %) que par les particuliers (+ 7 %). Le résultat opérationnel du segment atteint 3,07 milliards d’euros, supérieur aux attentes.

 

L’assurance vie et santé accélère

 

Le ratio combiné, indicateur clé de rentabilité technique rapportant sinistres et frais aux primes encaissées, s’améliore à 90 %. "L’amélioration du ratio combiné s’explique principalement par une hausse du taux d’actualisation", observe UBS dans sa note publiée vendredi. Lorsque les taux remontent, les assureurs peuvent actualiser leurs engagements futurs à un niveau plus élevé, ce qui réduit la valeur comptable de leurs provisions pour sinistres. Cette diminution des charges techniques améliore mécaniquement le ratio, sans pour autant refléter une évolution du niveau réel des sinistres.

Les pertes liées aux catastrophes naturelles restent contenues (3,5 points), même si les reprises de provisions passées sont plus faibles que prévu.

Deuxième pilier du groupe, l’assurance vie et santé progresse de 8 %, à 29,2 milliards d’euros. Le segment vie, en hausse de 9 %, bénéficie de la dynamique des unités de compte. L’activité santé (+ 6 %) est portée par les contrats collectifs et individuels. " Nous avons relancé l’assurance vie, que nous n’avons jamais abandonnée et dont nous faisons désormais une priorité morale ", a insisté Frédéric de Courtois, directeur général adjoint. Le résultat opérationnel du segment grimpe de 5 %, dopé par les performances techniques, en particulier au Royaume-Uni.

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