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Défaillances d’entreprises : voir le verre à moitié vide, ou moitié plein / Un pic d'accélération qui semble avoir été dépassé, mais ne masquant pas des niveaux toujours inquiétants
Un bilan de mi-étape sous le signe de la stabilisation. Les défaillances d’entreprises avaient atteint, en 2024, un niveau record. La conséquence d’un effet de rattrapage de celles qui avaient été évitées lors de la crise sanitaire, ou encore de fondamentaux érodés par la succession de crises ayant touché les entreprises ces dernières années.
Mais selon les données de la Banque de France, de juillet 2024 à juin 2025, 67 340 entreprises françaises ont déposé le bilan, soit un niveau comparable à celui du mois de mai, au cours duquel les défaillances avaient atteint un nombre de 67 285. En rythme annuel, cela correspond à une progression de 8,2 % au titre du mois de juin. Une hausse qui reste toutefois moins élevée qu’au mois de mai, où elle était ressortie à 9,6 %.
Sur le plan de la classification par tailles d’entreprises, le nombre de défaillances d’ETI et de grandes entreprises est resté stable depuis plusieurs mois. Sur un an, elles s’affichent même en baisse de 4,9 %, contre une hausse de 17,8 %, par exemple, du côté des moyennes entreprises, ou de 12,3 % chez les TPE. Pour autant, elles restent très largement supérieures à la situation pré-Covid : chez les grandes entreprises et ETI, la hausse s’établit à 75,8 % en comparant les données à fin juin et la moyenne des années 2010-2019.
Observations trimestrielles
Si l’on se concentre sur les seuls mois d’avril, mai et juin, les entrées en procédures collectives s’affichent aussi en repli de 6 % par rapport au premier trimestre de 2025, d’après les chiffres d’Allianz Trade, dans une étude sur le sujet. Elles restent toutefois en progression de 3,5 % sur un an, avec un mois d’avril particulièrement sinistré. Un ensemble qui offre donc deux grilles de lecture.
D'une part, il est possible de constater que le pic d’accélération des défaillances d'entreprises semble avoir été dépassé, avec un infléchissement graduel au fil des trimestres, remarque Allianz Trade : environ + 3 % au premier et deuxième trimestres de 2025, contre + 9 % au quatrième trimestre de 2024, ou même 18 % au troisième trimestre de l’an passé.
Mais d'autre part le ralentissement ne masque pas, pour autant, ce niveau toujours élevé, ni la perspective d’un nombre qui le resterait durablement. "Les entreprises continuent de faire face à de nombreux défis, tels que la faiblesse du cycle conjoncturel, la fin et le remboursement des aides, la reprise des assignations par les services fiscaux et sociaux, ainsi que les incertitudes géopolitiques. De plus, la guerre commerciale initiée par les États-Unis pourrait entraîner un nombre de faillites supérieur à nos prévisions pour 2025 et 2026, estimées respectivement à 67 500 et 65 000", observe Maxime Lemerle, responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.
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