WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Atos

Entreprises / Actions
Atos

Atos se dote de nouvelles forces vives / Quatre nominations pour traduire le plan Genesis dans les faits

Philippe Salle poursuit la recomposition de l’équipe dirigeante d’Atos. Quatre nominations viennent appuyer la volonté d’accélérer le plan de transformation, alors que les premiers signes de redressement apparaissent dans un calendrier qui requiert des progrès rapides.
Atos renforce son équipe afin d'accélérer la mise en œuvre de son plan de transformation (Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
Atos renforce son équipe afin d'accélérer la mise en œuvre de son plan de transformation (Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Philippe Salle poursuit méthodiquement la recomposition de l’organisation d’Atos. Alors que les tout premiers signes d’un redressement opérationnel sont apparus cet été, le renforcement de l’état-major se poursuit, avec quatre nominations qui disent beaucoup de la feuille de route du groupe : structurer la technologie et l’exécution, sécuriser le deal-making et retisser un récit de marque crédible auprès des clients comme des talents.

Le signal le plus fort est technologique. Florin Rotar devient vice-président exécutif (EVP), directeur technologique du groupe (CTO), et entre au comité exécutif. Vingt ans passés au contact des technologies émergentes et de l’intelligence artificielle - notamment chez Avanade, dont il fut le premier salarié en Europe avant d’en piloter l’innovation et le numérique au niveau mondial - lui donnent un profil de bâtisseur, utile pour clarifier l’architecture d’offre, accélérer les cas d’usage IA et sécuriser l’exécution des grands programmes. Dans un groupe qui veut "devenir un partenaire technologique de référence à l’échelle mondiale" en s’appuyant sur l’IA, ce CTO au comité exécutif constitue une clef de voûte autant qu’un levier pour fédérer les équipes techniques.

 

Excellence opérationnelle, communication et M&A au premier plan

 

Pour transformer une ambition en trajectoire mesurable, Atos place également l’"excellence opérationnelle" au rang des fonctions cardinales : Laurent Soulier est nommé EVP Stratégie et Excellence opérationnelle et rejoint lui aussi le comité exécutif. Son parcours - de la cybersécurité au ministère de la Défense à la transposition de directives européennes à l’Industrie, puis des programmes de transformation et de M&A chez Adecco et Foncia/Emeria - le désigne pour orchestrer le volet le plus sensible du plan : prioriser, standardiser et industrialiser, bref convertir la simplification organisationnelle en points de marge et en fiabilité d’exécution. Dans un métier où la viabilité se joue au taux de facturation et à la discipline contractuelle, c’est un poste d’arbitrages structurants.

Troisième brique, la communication. Pénélope de Fouquières est nommée SVP, directrice de la communication. Passée par le journalisme, la Banque africaine de développement en Tunisie puis neuf ans chez ELSAN, elle y a développé et structuré la communication au plus haut niveau, au sein du comité exécutif. Une expérience dans un secteur sensible, où l’image de marque repose sur la crédibilité et la transparence. Pour Atos, qui sort d’une séquence de défiance et doit réaffirmer son positionnement d’acteur global, l’enjeu est double : réinstaller la lisibilité du périmètre Atos/Eviden et porter la promesse client sur des verticales clés (secteur public, défense, industries régulées) avec un discours clair et vérifiable.

Enfin, le deal-making, maillon parfois discret mais structurant d’un plan de redressement. Camille Le Provost prend la direction des fusions-acquisitions. Sa trajectoire M&A - BNP Paribas puis Rabobank sur des transactions industrielles et consommation, advisory indépendant depuis 2020 et passage opérationnel chez Anjac - coche les deux cases indispensables du moment : maîtrise des opérations complexes et efficacité dans leur mise en œuvre. Dans un plan qui prévoit des cessions ciblées, des consolidations sélectives et, demain, des acquisitions d’appoint pour muscler certaines offres ou géographies, disposer d’une tête de pont aguerrie est un levier de vitesse autant qu’un filet de sécurité.

 

Une équipe calée sur le plan Genesis

 

Ces nominations s’inscrivent dans une séquence entamée dès l’hiver et le printemps. Philippe Salle avait d’abord retissé l’ancrage commercial et managérial en France en confiant les rênes à Franck Chartier, puis adressé la relance d’Eviden en allant chercher Pierre-Yves Jolivet, transfuge de Thales, pour piloter l’entité à forte valeur ajoutée. La logique est cohérente : consolider le front commercial domestique, sécuriser le cœur technologique, puis fiabiliser l’exécution et les opérations transverses.

L’enjeu est d’aligner ces postes avec la matrice du plan "Genesis". Le CTO au comité exécutif doit donner un cap d’ingénierie aux priorités IA/données, à la cybersécurité et aux environnements de travail augmentés, en arbitrant architecture, partenaires et R&D pour maximiser la différenciation - et donc le prix - des offres. L’EVP Stratégie & Excellence opérationnelle porte, lui, la mécanique de création de marge : standardisation des modèles de delivery, montée du forfait, revue des contrats sous-performants, pilotage fin de la "viability" et des fonctions support. La direction M&A est le bras armé de l’allocation de capital : céder ce qui détourne l’attention, consolider là où l’effet d’échelle compte, tandis que la communication doit faire tenir ensemble le tout : réassurer les clients sur la stabilité de l’exécution, redonner fierté et clarté en interne, et réinstaller une narration de progrès auprès des marchés.

Le timing n’est pas anodin. Après la sécurisation du bilan, la direction a revendiqué, au premier semestre, des premiers effets du plan : ratio de prises de commandes en amélioration, discipline opérationnelle plus visible et périmètre clarifié. Ces avancées doivent toutefois être replacées dans un contexte contraint : la nouvelle équipe agit dans le cadre d’une feuille de route à quatre ans, sachant que l’enjeu de la trésorerie impose d’aller plus vite. Le groupe vise un retour à une génération de cash-flow positive dès 2026, un point crucial compte tenu du coût de la nouvelle dette issue de la restructuration financière.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article