Macro-économie / Taux
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La Fed atténue sa pression sur l’économie / L’emploi vole la vedette à l’inflation
La Réserve fédérale américaine (Fed) desserre un peu l’étau. Le Comité de politique monétaire (FOMC) a choisi d’abaisser de 25 points de base le taux d’intérêt directeur, il s’établit ainsi désormais entre 4 % et 4,25 %. C’est la première fois en 2025 que le FOMC prend une telle décision. "Le marché du travail n’est plus aussi robuste qu’au début de l’année", a déclaré Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse, évoquant un "équilibre curieux" entre une demande et une offre en nette diminution.
Dans le détail, tant le taux d’activité que le taux d’emploi se sont contractés au cours des derniers mois (en partie à cause de l’effondrement de l’immigration) même si le second a davantage diminué d’où le léger accroissement du taux de chômage à 4,3 % (+ 0,3 point depuis janvier).
Si l’inflation reste "quelque peu élevée" (2,9 % en glissement annuel pour la part sous-jacente de l’indice PCE), elle ne constitue plus l’unique menace pour l’économie américaine, d’après la Fed, qui rappelons-le a un double mandat de stabilité des prix et d’emploi maximal. "Ce qui a changé, c’est la perception des risques pour le marché du travail. Nous voyons une image très différente : nous observions 150 000 créations nettes d’emplois par mois lors de la dernière réunion, et maintenant, avec les révisions, nous voyons que le marché de l’emploi se refroidit vraiment. Il est temps d’en tenir compte dans notre politique ", a insisté Jerome Powell.
Cette nouvelle réunion du FOMC aura aussi été marquée par l’actualisation de ses "dots", c’est-à-dire la trajectoire future du taux directeur que chaque participant au FOMC juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et d’inflation. Une forte détente monétaire n’est pas au programme.
En effet, dix des dix-neuf membres du FOMC anticipent encore au moins deux baisses de taux de 25 points de base d’ici la fin de l’année. La majorité des membres prévoient au moins une baisse supplémentaire en 2026, puis une en 2027 avant une stabilité en 2028 aux alentours de 3 %, soit le niveau du taux d’intérêt neutre aux Etats-Unis (celui qui ni ne soutient ni ne freine l’activité économique). Il faut dire que le FOMC n’escompte pas de récession, ni d’explosion du taux de chômage. Ses prévisions de croissance du Produit intérieur brut (PIB) ont même été revues à la hausse tandis qu’elles sont quasiment inchangées concernant le taux de chômage.
Un relatif consensus a émergé au cours de la réunion du FOMC. Alors qu’en juillet, Christopher Waller et Michelle Bowman avaient voté en défaveur d’une stabilité du taux d’intérêt, cette fois-ci un seul membre a fait état de son désaccord : Stephen Miran. L’économiste s’est fait remarquer pour sa première participation au FOMC, lui qui a vu ce lundi sa nomination controversée être approuvée par le Sénat, en plaidant pour une baisse de 50 points de base du taux directeur. "Nous avons accueilli un nouveau membre du comité aujourd’hui, comme toujours le comité reste uni dans la poursuite de nos objectifs de double mandat. Nous sommes fermement engagés à maintenir notre indépendance. Au-delà de cela, je n’ai vraiment rien d’autre à dire", a rétorqué Jerome Powell à un journaliste qui lui demandait si cette arrivée mettait en danger l’indépendance de la Fed. Stephen Miran garde un lien avec la Maison Blanche, ce qui est inédit, car il a dit qu’il retrouverait son poste de président du Council of Economic Advisers (CEA), une fois son mandat de gouverneur terminé (janvier 2026).
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