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Denis Le Bossé; France; Instabilité

Macro-économie / Taux / Cabinet Arc / PGE / dépôt de bilan

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Cabinet Arc / PGE / dépôt de bilan

Les chefs d’entreprises tricolores ne croient plus à la croissance / Le Cabinet ARC constate les dégâts de l’instabilité politique

Ils ne sont plus que 10 % des chefs d’entreprises tricolores à envisager une croissance de leur activité dans les six mois à venir. Il fallait remonter au Covid pour trouver un chiffre aussi bas dans l’étude menée régulièrement par le cabinet ARC et l’IFOP. Sans surprise c’est l’instabilité politique qui constitue - pour 75 % des répondants - sans conteste la principale crainte. L’optimisme n’est pas de mise concernant les dépôts de bilan qui devraient continuer à progresser à en écouter les dirigeants d’entreprises.
Drapeau. Photo by Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Drapeau. Photo by Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Une progression qui inquiète. C’est le moins qu’on puisse dire en regardant le nombre de chefs d’entreprise - 56 % - à penser qu’il faudra plusieurs années - a minima entre 3 et 5 voire plus - pour que leur santé financière revienne à des niveaux d’avant crise. Leur nombre a gagné 4 % en un semestre et a sans doute à voir avec d’autres constats du baromètre réalisés par le cabinet ARC et l’IFOP. Celui-ci explique en effet que 71 % des sondés considèrent que la situation des entreprises s’est détériorée en un an.

La crise de l’investissement est perceptible dans les réponses, 67 % des chefs d’entreprise estimant "que le contexte économique actuel va freiner leurs clients dans leurs opérations d’investissements ". Pour Denis Le Bossé, président du cabinet ARC, les retours du terrain sont ceux d’un "constat d’être pris en otage par la situation politique", l’instabilité actuelle sur ce plan étant d’ailleurs leur première préoccupation. Ils n’en avaient pourtant pas besoin avec un "nombre de dépôts de bilan qui continue à croître et des niveaux record qui génèrent une situation économique difficile, où beaucoup sont sur la ligne de crête".

 

Marge de manœuvre

 

Denis Le Bossé rappelant qu’il ne demeure pas moins de "20 milliards de PGE à rembourser et ce plutôt du côté des PME". Un des arguments qui contribue à ce que près de 28 % des sociétés estiment que leurs clients ne seront pas en mesure d’honorer le remboursement de leurs différentes créances. Le sursaut ne semble définitivement pas attendu du côté d’une stabilité politique retrouvée et du vote d’un nouveau budget, la capacité de ces deux éléments à redonner confiance aux agents économiques et à bénéficier à la croissance ne rassemble plus que 55 % des répondants contre 65 % en avril dernier.

Le président du Cabinet ARC constate au quotidien que les "chefs d’entreprise ne sont pas suffisamment conseillés quand ils sont face à des difficultés, notamment sur la question du choix de la bonne procédure de prévention des difficultés". Il confie également que "le passage à la facture électronique sera une étape compliquée pour un certain nombre d’entreprises. Particulièrement le tissu des TPE et PME qui est traditionnellement en manque de fonds propre". D’autant plus que certains maux semblent perdurer malgré des besoins de trésorerie toujours plus pressants, l’expert expliquant à WanSquare que parmi les 44 % des sociétés réticentes à relancer les clients grands comptes, ce ne sont pas moins de "94 % qui ne relancent pas parce qu’elles ont peur de perdre des parts de marché. Ce n’est pas uniquement auprès de grands groupes que ces entreprises craignent d’effectuer ces démarches mais également auprès de firmes plus modestes avec qui s'instaure un rapport de force".

 

Espérer

 

Comme c’est le cas depuis de longs mois, la part de répondants souhaitant que les amendes infligées par la DGCCRF soient proportionnelles au résultat des entreprises reste très élevée - 77 %. Le président du cabinet ARC voit un espoir dans "un futur projet de loi émanant du sénateur Olivier Rietmann. Celui-ci permettrait d’inciter les multinationales à se conformer à la législation". Pour autant cette nouvelle donne n’est pas pour demain et Denis Le Bossé constate que pour l’heure "la pression fiscale arrive très vite et les chefs d’entreprise savent qu’ils vont être contraints de contribuer à l’effort national ". Une des craintes à plus court terme est à trouver dans l’accord que l’Union européenne tisse avec le Mercosur et dont il serait à craindre qu’une "France sous-industrialisée par rapport au reste de l’Union européenne ne puisse pas tirer profit d’un tel accord tant elle serait la grande perdante sur la question agricole".

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