Macro-économie / Taux
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Transition verte : promesses d’emplois et fractures sociales / L’OCDE alerte sur l’urgence d’adapter les politiques visant le marché du travail
Le virage vert ne se fera pas sans secousses. Alors que les pays se sont fixé des objectifs climatiques ambitieux pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, l’OCDE prévient que cette transformation va bouleverser les marchés du travail. Dans un rapport, l’organisation note que ces objectifs auront un impact significatif sur le marché du travail, avec d’importantes restructurations dans les industries à fortes émissions et de nouveaux emplois créés dans les secteurs à faibles émissions.
Mais la transition ne sera pas linéaire. D’un côté, des milliers d’emplois émergent dans les activités vertes ; de l’autre, les pertes d’emplois restent concentrées dans certaines régions et certains bassins industriels. Le rapport souligne que "la création et la disparition d’emplois tendent à se concentrer dans différentes régions", accentuant le risque d’inégalités territoriales.
L’OCDE avertit également que les nouveaux métiers verts ne garantissent pas les mêmes conditions de travail : "les emplois dans les activités vertes en expansion peuvent ne pas offrir les mêmes conditions que ceux des secteurs en déclin, notamment en termes de salaires". Un déséquilibre qui pourrait fragiliser l’acceptation sociale du virage climatique.
Pour l’organisation, la montée en compétences est la clé. "Alors que les taches et méthodes de travail deviennent plus vertes, la plupart des professions connaîtront un certain degré de changement et les travailleurs devront se requalifier et améliorer leurs compétences", rappelle le rapport.
Tous les pays étudiés - de l’Autriche au Canada, en passant par l’Irlande ou l’Espagne - ont engagé des stratégies intégrant formation continue, apprentissage révisé, et nouveaux parcours modulaires pour fluidifier les mobilités professionnelles. Les systèmes d’apprentissage s’ajustent, avec l’apparition de cursus dédiés aux métiers de l’énergie renouvelable, de la construction décarbonée ou de la mobilité durable. Si "des mécanismes existent déjà pour gérer les changements structurels du marché du travail", l’OCDE juge qu’ils restent souvent insuffisants. En particulier pour protéger les travailleurs peu qualifiés ou accompagner les territoires les plus exposés.
Certaines initiatives se démarquent : adaptation des systèmes de formation, incitations financières pour les apprentis ou les employeurs, comptes personnels de formation orientés vers les compétences vertes, dispositifs de chômage partiel adaptés aux transformations sectorielles… Mais les dispositifs de suivi et d’évaluation restent trop rares pour mesurer l’efficacité des politiques.
L’organisation insiste sur la nécessité de stratégies locales fortes. Des exemples comme la région minière rhénane en Allemagne ou la Macédoine-Occidentale en Grèce montrent que le succès tient à l’implication des acteurs locaux, à la diversification économique et à l’utilisation ciblée des fonds publics.
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