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Macro-économie / Taux / acier

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Reprise en douceur pour l’acier / Le fort niveau de protectionnisme prédominera en 2026

Un marché mondial de l’acier qui ne devrait pas connaître de rebond significatif l’an prochain. Un constat qui cache des évolutions bien distinctes d’une géographie à l’autre avec, chez Fitch Ratings on table notamment sur le fait que le rebond de l’appétit pour l’acier en dehors de la Chine compensera la baisse de la consommation attendue dans l’Empire du milieu.
Acier. Photo by CFOTO / NurPhoto via AFP
Acier. Photo by CFOTO / NurPhoto via AFP

Pas de changement spectaculaire à prévoir pour l’acier l’an prochain. Les perspectives de nombreux observateurs vont en ce sens, Fitch Ratings venant de communiquer cette semaine ses vues pour le secteur. Elles sont neutres et sont le fruit de mouvements inverse en Chine - demande en baisse - et dans le reste du monde. Les équipes de l’agence américaine voient effectivement une série de facteurs soutenir le marché de l’acier dans les mois à venir.

Une énumération qui va de l’assouplissement de la politique monétaire à une reprise sur le front de la construction en passant par la poursuite des investissements dans les infrastructures. Cependant la lecture des différents analystes couvrant l’acier laisse apercevoir une réalité de plus en plus fragmentée géographiquement. De quoi alimenter les risques pour la reprise de la demande, celle étant menacée tant par les "incertitudes géopolitiques, la faiblesse de certains segments manufacturiers et les tensions commerciales en cours" à en écouter Fitch Ratings.

 

Mastodonte

 

Impossible d’évoquer la question de l’acier sans évoquer le poids de l’Empire du milieu, Peter Taylor, Head of Commodity Desk Strategy Macquarie Group, ne s’y trompe pas et évoquait ce marché clé dans sa dernière analyse de la matière première. Revenant sur le passé récent, il expliquait que "les prix de l’acier chinois ont reculé après la hausse initiale qui a suivi les mesures anti-inflationnistes, tandis que les prix de l’acier aux États-Unis et en Europe ont légèrement augmenté, soutenus respectivement par les droits de douane et la réduction des droits de sauvegarde ".

L’impact direct mais également transitoire des passes d’armes commerciales transparaît dans ses propos. Il livre également sa vision de la demande chinoise en acier à venir et continue "de prévoir une stabilisation de la demande en acier dans le secteur immobilier d’ici 2027, en se basant sur l’hypothèse que la croissance de la surface de construction ne se concrétisera qu’à cette date". Peter Taylor parle d’un ralentissement des exportations chinois à venir l’année prochaine, un rythme de baisse prévu de l’ordre de -7 % en glissement annuel en 2026. Ce qui est moindre qu’initialement prévu et ce en raison les droits de douane sur les produits sidérurgiques chinois qui "restent fragmentés et excluent largement l’acier semi-fini". De quoi voir les baisses attendues se concentrer très largement sur l’acier fini, un constat qu’il annonce être corroboré par les carnets de commandes dédiés à l’export.

 

Redéfinir

 

L’examen effectué par les soins du spécialiste de l’acier montre que les relations géopolitiques redéfinissent largement les échanges commerciaux. Les Philippines auraient, depuis juillet, dépassé les autres pays comme principale destination des exportations chinoises d’acier, suivies par la Thaïlande et l’Arabie saoudite. Les régions qui ont mis en place de nombreux droits de douane, qu’il s’agisse du Vietnam, de l’Inde et de Taïwan, auraient quant à elles vu les importations chinoises d’acier baisse de 35 % en moyenne en 2025. Peter Taylor évoque un mouvement amené à se poursuivre durant l’année à venir.

Un constat partagé par le Global Steel Outlook 2026 de Fitch Ratings, les équipes de la firme américaine expliquant qu’elles considèrent "que la production d’acier de la Chine diminuera de 4,5 % en raison de contrôles plus stricts de la production et de l’augmentation des barrières commerciales, ce qui réduira légèrement les exportations des prévisions de Fitch de 118 millions de tonnes (mt) en 2025 à 109mt en 2026". À la question des volumes produits et exportés, s’ajoute celle ayant trait à la rentabilité des différents acteurs. Un point sur lequel Fitch Ratings évoque des marges des producteurs d’acier chinois s’étant rétablies cette année et un impact des gains d’efficacité et des baisses de coût amené à se poursuivre en 2026.

 

Choisir

 

Tous les producteurs ne sont pas logés à la même enseigne, notamment les producteurs nationaux indiens qui pourraient voir leur rentabilité être menacé par des importations plus élevées dans les mois à venir. L’avenir semble plus clément en Europe où il est avancé par Fitch Ratings que les quotas d’importation plus stricts à venir associés au déploiement d’un tarif carbone sur les importations "soutiendront les marges, tandis que l’augmentation des dépenses d’infrastructure et de défense sous-tendront une reprise de la demande ". Le contexte semble également porteur pour ceux situés aux États-Unis sur le plan législatif et macroéconomique.

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