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Activisme actionnarial : une nouvelle année record en 2025 et pour la troisième fois consécutive / La France relativement épargnée
Le "Liberation Day" de Donald Trump n’aura finalement eu qu’un impact limité sur les fonds activistes. Mieux encore : il semble les avoir… libérés. Selon le dernier rapport de Lazard consacré à l’activisme actionnarial, l’année 2025 s’inscrit, pour la troisième année consécutive, comme une année record, avec 297 campagnes recensées, portées par une activité particulièrement soutenue aux premier et troisième trimestres.
Dès le premier semestre, le niveau d’activité était équivalent au record établi au premier semestre 2024 et affichait une hausse de 23 % par rapport à la moyenne historique sur cinq ans. Surtout, le second semestre a marqué une nette accélération, avec une augmentation de 37 % en glissement annuel du nombre de campagnes, tirée par un bond de 67 % au troisième trimestre et une progression de 20 % au quatrième trimestre, en glissement annuel.
Cette dynamique a été principalement alimentée par les États-Unis, qui totalisent 163 campagnes, et par la zone Asie-Pacifique, avec 71 campagnes, compensant largement le ralentissement observé en Europe, où l’activité recule de 19 % sur un an, à 50 campagnes. Dans le détail, le volume de campagnes aux États-Unis progresse de 29 % en glissement annuel, tandis que l’Asie-Pacifique enregistre une hausse de 25 %, portée par le Japon, qui atteint un nouveau record avec 56 nouveaux lancements, soit une augmentation de 51 % sur un an, souligne Lazard.
Dans ce contexte, la France ne représente plus que 8 % des campagnes mondiales, contre 12 % en moyenne historique. Le pays est passé d’un pic de 10 campagnes en 2024 à seulement 4 en 2025, les activistes privilégiant toujours en Europe le Royaume-Uni et l’Allemagne.
Si le nombre de campagnes progresse à l’échelle mondiale, le nombre d’activistes est en revanche en recul. Lazard en recense 175 en 2025, contre 186 en 2024. À noter toutefois la montée en puissance des investisseurs individuels, à l’origine de 4 % des campagnes, contre une moyenne de 3 % sur les cinq dernières années. Le changement de conseil d’administration demeure le principal thème des campagnes, représentant 37 % des cas, contre une moyenne historique de 31 %. Les fusions-acquisitions, et en particulier les demandes de démantèlement ou de révision stratégique des actifs en Amérique du Nord au second semestre, arrivent en deuxième position avec 35 % des campagnes, un niveau supérieur à la moyenne quinquennale de 29 %.
Sur le plan sectoriel, l’industrie (24 %) et les technologies (19 %) restent les principales cibles, à des niveaux proches de leurs moyennes historiques. L’année 2025 se distingue toutefois par une progression marquée du secteur de la santé en Europe, qui concentre 14 % des campagnes, contre 11 % en 2024. En Amérique du Nord, les campagnes visant les secteurs immobilier et financier atteignent des plus hauts historiques, représentant respectivement 16 % et 12 % des campagnes.
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