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Légère déception pour les créations d’emplois aux États-Unis / La tâche de la Fed n’en est pas facilitée
Difficile de trancher pour la Fed. Tout du moins dans l’immédiat puisque les observateurs ne considèrent pas que les derniers chiffres de l’emploi devraient la conduire à baisser ses taux lors de ce mois de janvier. La croissance de l’emploi salarié a certes ralenti en 2025, passant à 584 000 sur douze mois contre quelque 2 millions en 2024, le léger fléchissement de la dynamique en décembre ne semble pas presser la Réserve fédérale à agir.
C’est notamment l’avis des analystes de Commerzbank, lesquels expliquent toujours anticiper "que la prochaine baisse des taux d’intérêt aura lieu lors de la réunion du mois de mars". Ils arguent que "la Réserve fédérale devrait se sentir confortée dans ses inquiétudes sur le marché du travail, mais elle ne jugera sans doute pas nécessaire d’agir immédiatement". La publication de vendredi est quant à elle considérée par John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, comme loin d’être aisée à lire.
Balancier
Mettant en perspective le ralentissement de la création d’emplois avec un taux de chômage qui s’éloigne de plus en plus des 5 %, il considère que du point de vue de la Fed "ce sont des chiffres presque trop parfaits : pas assez solides pour imposer une politique restrictive, pas assez faibles pour inquiéter ". Cela apporte à ses yeux de la crédibilité au "scénario d’un atterrissage en douceur, où la croissance tient pendant que la porte des baisses de taux reste grande ouverte " et les chiffres de vendredi devraient renforcer à la Fed "l’idée qu’un ralentissement du marché du travail peut coexister avec une économie encore résiliente, sans créer immédiatement de pression inflationniste ". L’absence de reprise de l’inflation sera essentielle pour permettre à la Fed de baisser ses taux dans les mois à venir.
Une publication qui oblige néanmoins les membres du comité de politique monétaire de l’institut d’émission à la plus grande vigilance dans les semaines à venir. Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR Asset Management considérant dans le courant de la semaine que le marché du travail américain "reste un équilibre "low hiring, low firing" précaire ", le taux de licenciement particulièrement faible étant compensé par un taux d’embauche à son plus bas niveau depuis 15 ans.
Ressort
Un véritable essoufflement de l’offre de travail est en effet perceptible à travers le taux de participation de la population active, celui-ci n’est plus que 62,4 % pour le mois de décembre. À la fois inférieur à la moyenne historique de 62,8 % et au pic de 67,3 % du début du siècle. Une situation que John Plassard interprète comme le signe " qu’une partie du frein à la croissance de l’emploi vient moins de la demande des entreprises que de la disponibilité de la main-d’œuvre ".
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