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SVB : un rapport met en cause la Fed / Une culture de l’inaction pointée

La vice-présidente de la Réserve fédérale américaine chargée de la supervision, Michelle Bowman, a présenté les premières conclusions d’un examen indépendant consacré à la faillite de Silicon Valley Bank (SVB). Selon elle, les superviseurs de la Fed connaissaient, ou auraient dû connaître, les principales vulnérabilités de la banque dès mars 2022, sans prendre de mesures suffisamment rapides pour y remédier.
Photo par MEHMET ESER / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP
Photo par MEHMET ESER / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

La faillite de SVB aurait pu être mieux anticipée. C’est en substance le constat dressé par la vice-présidente de la Réserve fédérale (Fed) américaine chargée de la supervision. Dans une déclaration consacrée aux premières conclusions de l’examen indépendant mené par le Starling Advisory Group, Michelle Bowman est revenue en détail sur les causes de la chute de Silicon Valley Bank en mars 2023 et sur les défaillances qu’elle estime avoir mises au jour au sein du système de supervision bancaire américain.

Selon la vice-présidente de la Fed, SVB cumulait plusieurs vulnérabilités importantes. Ses pertes non réalisées sur son portefeuille de titres dépassaient ses fonds propres. Sa base de dépôts était particulièrement exposée à une fuite : 94 % des dépôts n’étaient pas assurés et étaient fortement concentrés auprès d’entreprises technologiques financées par le capital-risque. La banque était également insuffisamment préparée à recourir à la fenêtre d’escompte de la Fed en cas de besoin de liquidités.

Pour Michelle Bowman, les équipes de supervision avaient connaissance de ces fragilités, ou auraient dû les identifier, dès mars 2022. Elles n’ont pourtant pas pris de mesures suffisamment rapides et décisives pour contraindre SVB à réduire son risque de taux d’intérêt et la concentration de ses risques. Michelle Bowman écarte par ailleurs l’idée que ces retards soient dus à la réforme réglementaire de 2018 ou à une volonté de réduire l’intensité de la supervision. Elle pointe plutôt une « culture d’aversion au risque » au sein des équipes de contrôle. Que faut-il en comprendre ? Selon elle, certains superviseurs estimaient qu’il était personnellement plus sûr de ne pas agir plutôt que de risquer de prendre une mauvaise décision. 

La vice-présidente de la Fed est revenue également sur le rôle des réseaux sociaux dans la ruée sur les dépôts de SVB. Citant une analyse réalisée par Charles River Associates à la demande du Starling Advisory Group, elle affirme qu’aucun élément ne permet de conclure qu'ils ont déclenché ou accéléré la panique bancaire. Selon cette analyse, 96 % des échanges sur les réseaux sociaux concernant la ruée sont intervenus après que la faillite de SVB était devenue inévitable.

Sans attendre la fin de l’examen, la Fed a commencé à modifier son approche de la supervision. "La faillite de la Silicon Valley Bank a mis notre système financier à l'épreuve et a révélé des vulnérabilités dans notre cadre de surveillance. Elle a mis en lumière des lacunes et des faiblesses - tant au sein de la banque que dans nos propres processus de contrôle - qui nécessitent une évaluation honnête et une réforme significative. Les travaux indépendants du Starling Advisory Group fournissent cette évaluation honnête. Il nous incombe désormais de mener à bien une réforme substantielle", a déclaré Michelle Bowman.

La banquière centrale a expliqué que les superviseurs devaient désormais se concentrer davantage sur les risques susceptibles de menacer sérieusement une banque ou la stabilité financière américaine, plutôt que sur les seules erreurs procédurales. La Fed veut également donner davantage de latitude à ses superviseurs pour adapter leurs interventions à la gravité des risques identifiés. Des rapports mensuels doivent en outre permettre aux responsables de suivre les situations dans lesquelles les équipes hésitent sur la nécessité d’intervenir.

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