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Macro-économie / Taux / marché de l'emploi / Etats-Unis / Fed

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marché de l'emploi / Etats-Unis / Fed

Le marché du travail américain se grippe un peu plus / Ouvrant la porte à une baisse des taux par la Fed

Un taux de chômage au plus haut depuis octobre 2021, 4,3 %, combiné à des créations d’emplois en août qui déçoivent le consensus, forment un cocktail à même de favoriser une baisse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
Recrutement aux États-Unis. Photo by Frederic J. BROWN / AFP
Recrutement aux États-Unis. Photo by Frederic J. BROWN / AFP

Les diatribes de Donald Trump à l'encontre des statistiques du marché du travail n'y font rien, les chiffres de l’emploi américain vont de mal en pis. Les emplois non agricoles aux États-Unis n’ont ainsi progressé que de 22 000 en août dernier, une baisse marquée par rapport aux 79 000 en juillet et surtout relativement à des prévisions du marché qui tablaient sur 75 000. Le marché de l'emploi semble bel et bien s’essouffler mois après mois et ce d’autant plus que les révisions des données de juin et juillet sont respectivement une baisse de 27 000 et une hausse de 6 000.

Les conclusions ne font aucun doute pour Garrett Melson, stratégiste de portefeuille chez Natixis Investment Managers Solutions, ce dernier exposant qu’en "ce qui concerne les marchés et la Fed, une baisse en septembre est pratiquement acquise à la suite du discours de Powell à Jackson Hole, qui a une fois de plus été marqué par un rééquilibrage des risques en faveur du volet emploi du mandat". La principale interrogation réside désormais plutôt dans "un rythme et une ampleur des baisses au-delà de septembre [qui] restent très incertains et seront déterminés non seulement par les données du marché du travail, mais aussi par les chiffres de l’inflation". De quoi l’inciter à porter une attention toute particulière à la croissance américaine lors des prochains mois.

 

Moteur

 

Un rapport sur l’emploi qui est loin de faire paniquer Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions, celui-ci ne nie pas qu’il est à même de servir de "prétexte aux membres les plus accommodants de la Fed pour réclamer une baisse de 50 points de base " tout en affirmant que " ces chiffres ne doivent pas être surinterprétés". À ses yeux, la récession est encore loin pour l’économie américaine tant il constate que la consommation résiste et que les marges des entreprises sont encore largement bénéficiaires.

Sa lecture de la situation est qu’il y a une double faiblesse émanant tant du volet demande que de celui lié à l’offre. Un jeu d’équilibriste qui "maintient l’équilibre sur le marché du travail, mais ne constitue pas une trajectoire saine". Les marchés accueillent quant à eux relativement positivement les nouvelles du jour, ce qu’il décrypte comme étant l’anticipation d’un "cycle d’assouplissement préventif destiné à stimuler la reprise plutôt qu’une réponse forcée à un effondrement du marché du travail" et ce quand bien même l’administration Trump ne manquera pas de se prononcer afin d’obtenir un agenda plus agressif. Quand bien même certaines voix telles que celle d’Olivier Blanchard, ancien chef économiste du Fonds monétaire international, ont pu souligner le caractère contreproductif d’une telle pression publique.

 

Projeter

 

La tendance n’est pas à l’optimisme en ce qui concerne les futurs développements du marché de l’emploi, Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR Asset Management, se faisant l’écho ce vendredi de plusieurs indicateurs avancés pour le moins inquiétants. La qualité des emplois semble ainsi se dégrader puisque malgré les quelque 288 000 personnes de plus se disant employées, il s’avère que le nombre de celles employées à temps plein diminue de quelque 357 000, laissant entrevoir une hausse conséquente des emplois à temps partiel.

Un autre fait mis en avant par le stratégiste est que "sur les 22 000 créations d’emplois, 46 000 proviennent des services à l’éducation et à la santé… Dit autrement, les autres secteurs détruisent des emplois en agrégé". En faisant le compte sur les six derniers mois, il constate que ce sont les services à l’éducation et à la santé qui expliquent l’intégralité des créations d’emplois outre-Atlantique. Dernière mauvaise nouvelle pour l’emploi, les fortes restrictions sur l’immigration mises en place par Donald Trump le privent d’un levier bien utile pour soutenir le marché du travail.

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