Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Déficit budgétaire
Macro-économie / Taux
Etats-Unis / Déficit budgétaire
Un conflit qui n’épargnera pas l’économie américaine / Le pays dispose pourtant de formidables atouts
Une facture qui pourrait bien s’alourdir. Les affrontements au Moyen-Orient touchent les États-Unis par plusieurs canaux, de quoi rendre la prolongation du conflit de plus en plus coûteuse pour Washington. Le premier mois d’opérations aurait ainsi déjà coûté l’équivalent de 30 milliards de dollars, une somme que Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF, qualifie de « goutte d’eau à l’échelle du déficit du budget fédéral (supérieur à 5 % du PIB) », puisqu’elle ne pèse que 0,1 % du PIB américain. Cependant plus les jours passent et plus les coûts s’accumulent, tout en ayant un effet sur le coût de la dette américaine.
Le principal danger réside en effet dans les conséquences pour l’inflation d’un conflit s’éternisant. L’économiste d’Oddo BHF expliquant qu’en cas de dérapage sur ce front « la Fed durcira sa politique monétaire et les investisseurs exigeront une prime de risque plus élevée ». Les prémisses sont déjà perceptibles à ses yeux via la tension des taux à dix ans (supérieurs à 4,4 % dernièrement), étant donné que "depuis le 27 février, ils ont augmenté de 50 points de base ». Se référant aux travaux du Committee for a Responsible Federal Budget, il argue que cette dynamique a rajouté « près de 100 milliards de dollars (0.3 % du PIB) à la charge d’intérêt ».
Aspirer
Un vrai risque pour l’État fédéral, étant donné que cette même charge de la dette absorbe près de 18 % des recettes fédérales. D’autant que l’activité économique devrait souffrir dans le même temps aux États-Unis, là encore plusieurs canaux transmettraient ce choc à l’économie. Les équipes de Fitch Ratings considèrent que d’une part « la hausse des prix du pétrole pèserait le plus fortement sur la croissance économique en Corée, au Japon et aux États-Unis », et d’autre part que la baisse des marchés actions toucherait largement les États-Unis. Washington peut en effet redouter les effets de richesse liés à la baisse des cours de la Bourse. Ces derniers représenteraient près de « la moitié de l’impact négatif sur le PIB américain » dans un scénario voyant le conflit perdurer jusqu’à la fin du premier semestre 2026. La croissance américaine cette année ne serait alors plus uniquement que de 1,5 %. Loin des 2,2 % anticipés par ces mêmes équipes plus tôt dans le mois et des 2 % avancés par l’OCDE cette semaine.
Les effets du conflit mettraient du temps à se propager à l’économie, ce scénario dit défavorable verrait la croissance aux États-Unis ne plus être que de 0,6 % au quatrième trimestre 2026 - en glissement annuel. Un résultat d’autant plus marquant que les observateurs tels que Brian Horrigan, économiste chez Loomis Sayles, considèrent qu’un « choc pétrolier aurait désormais un impact économique bien plus limité que dans les années 1980 ». Ce dernier expliquant que le poids des services dans l’économie américaine s’est largement accru et qu’ils sont bien moins intensifs en énergie que l’industrie manufacturière. Tout en voyant le solde commercial des États-Unis pour le pétrole et ses produits dérivés être dorénavant en territoire positif, de près de 58 milliards de dollars en 2025.
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