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Etats-Unis
Donald Trump attend le verdict des midterms / Il pourrait perdre le contrôle du congrès et le pouvoir budgétaire associé
Une tâche pour la moins ardue. Donald Trump, le président américain, tâchera de conjurer le sort en conservant le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Deux chambres qui constituent le Congrès des États-Unis, lequel détermine les crédits. Il s’agit du levier le plus direct pour l’exécutif américain d’intervenir au profit de l’économie, un pouvoir budgétaire qui pourrait échapper prochainement à Donald Trump.
Les derniers sondages indiquaient une victoire probable des démocrates à la Chambre des représentants et la possibilité que le Sénat bascule également dans leur escarcelle. Une situation qui fait dire à Christopher Hodge, économiste chez Natixis CIB, qu’il est probable que « les voix des démocrates seront nécessaires pour financer le gouvernement et éviter un arrêt des activités, ainsi que pour relever le plafond de la dette. » Son appréciation de la situation est que le parti démocrate utiliserait « ce levier pour tenter de revenir sur les coupes budgétaires dans les soins de santé et l’aide alimentaire qui ont été adoptées dans le cadre du 'One Big Beautiful Bill’ de 2025. »
Épine dans le pied
L’administration Trump aurait d’autant plus les mains liées que le pouvoir du Congrès ne se limite pas seulement à la définition du montant des crédits budgétaires. Christopher Hodge explique qu’il « peut également déterminer la manière dont ces fonds sont utilisés. Même si un président tente d’adopter une approche plus musclée en matière d’application de la loi par la voie administrative, une Chambre des représentants ou un Sénat hostile peut rendre la mise en œuvre nettement plus difficile. »
Sur le front de la politique commerciale, la situation est un peu plus favorable à Donald Trump, étant donné que de nombreux pouvoirs ont été délégués au président au fil des années. L’économiste estime que « bien que le Congrès dispose effectivement du pouvoir de récupérer ses compétences en matière de droits de douane, il n’a pas choisi de le faire et cela ne changera probablement pas lors de la prochaine législature. » Un scénario dans lequel le Congrès souhaiterait annuler la mise en œuvre des droits de douane, signifierait l’adoption d’une loi approuvée par les deux chambres. À la suite de quoi, à défaut d’une signature du président Trump, il faudrait obtenir une majorité des deux tiers au Sénat, ce qui ne serait pas une mince affaire.
Tensions
Paradoxalement, un pouvoir divisé outre-Atlantique pourrait ne pas inquiéter les marchés, bien au contraire à en croire Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM. Celui-ci explique que voir les Démocrates s’emparer du Congrès « devrait être interprété favorablement », étant donné qu’une telle issue « sera vue comme positive pour les finances publiques. Les deux blocs s’opposant, ceci contraindrait les dépenses publiques. »
Le risque principal à l’occasion de cette séquence électorale se trouve plutôt dans la possible remise en cause des résultats des urnes. Un scénario à même de troubler les marchés selon Sebastian Paris Horvitz, de la même façon qu’une large victoire du parti démocrate accompagnée de la volonté de réguler fortement l’intelligence artificielle. Un scénario qui n’est pas le plus probable en raison de la composition des sièges de sénateurs remis en jeu. Le tiers du Sénat concerné par un renouvellement se trouve essentiellement dans des États historiquement acquis aux Républicains.
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