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Macro-économie / Taux / Etats-Unis / crise / Balance des paiements

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Etats-Unis / crise / Balance des paiements

Cette crise qui menace les États-Unis / Une balance des paiements moins solide qu’il n’y paraît

Ce n’est un secret pour personne que les États-Unis ont un déficit chronique de leur balance courante, de l’ordre de 3,6 % du PIB l’an passé, les raisons sont multiples à cette situation. Cependant, toutes ne sont pas à même de la détériorer significativement. D'aucuns redoutent le risque associé au financement du déficit public.
Photo par MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Photo par MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Un désamour qui pointe le bout de son nez. Pour des raisons bien différentes, certains acheteurs habituels des bons du Trésor américain ont arrêté de l’être ou ont pu en céder ces derniers mois. Une situation que constate Patrick Artus, conseiller économique senior chez Ossiam, lequel note que depuis la fin de l’année passée, « c’est le cas du Canada, de la Belgique, du Luxembourg, de Taïwan, de la Suisse, de l’Inde, du Brésil, de la Corée du Sud et de l’Arabie saoudite ».

L’économiste estime qu’au vu des événements récents un certain nombre de pays producteurs de pétrole doivent composer avec une diminution sensible de leurs exportations – et des recettes associées – et, du fait de leurs « besoins de reconstruction, deviennent nécessairement vendeurs de titres du Trésor américain ». Une situation qui pourrait se compliquer sur le long terme, puisque jusqu’à maintenant les non-résidents étaient friands de dette publique américaine – ils en détiennent actuellement 31 %. Une proportion qui, si elle venait à diminuer, aurait inévitablement comme conséquence de tendre le financement du Trésor américain et de faire grimper les taux d’intérêt à long terme sur le dollar.

 

Crainte

 

Le danger d’une crise de balance des paiements, mélangeant simultanément une dépréciation du dollar, un recul des marchés financiers, dans le même temps qu’une hausse des taux d’intérêt et un recul de l’activité, serait moins à craindre du secteur privé. Patrick Artus expliquant, pour l’heure, que « les entreprises technologiques américaines, le rendement de l’ensemble des entreprises et des actions américaines restent très attractifs pour les non-résidents ».

Le scénario imaginé par l’économiste n’est pas celui d’une crise imminente pour le financement des États-Unis, cependant cette possibilité n’est plus inimaginable. Pour l’empêcher, il suppose que « le Trésor des États-Unis devrait continuer à réduire la maturité moyenne de la dette (aujourd’hui 5,4 années), en continuant à accroître la partie financée en Treasury Bills (d’une maturité initiale d’un mois à un an), qui est aujourd’hui de 21,4 % ». Le pays dirigé par Donald Trump pourrait également compter sur un petit nombre de fidèles acheteurs de titres du Trésor des États-Unis, au rang desquels on retrouve la France mais également le Royaume-Uni, les îles Caïman, l’Irlande, ainsi que Hong-Kong.

 

Cap

 

Un des signes que Washington a encore de la marge est que, pour l’heure, le taux d’intérêt à long terme sur la dette du Trésor des États-Unis « reste nettement inférieur au taux de croissance nominale ». Un autre élément positif est à trouver dans les chiffres de détention d’actions américaines par les investisseurs non-résidents, ces derniers sont en constante progression, passant de 14 700 milliards de dollars au premier trimestre 2024 à quelque 19 400 milliards de dollars au premier trimestre 2026.

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