Macro-économie / Taux / AmCham / France / Etats-Unis
Macro-économie / Taux
AmCham / France / Etats-Unis
Instabilité et incertitude échaudent les investisseurs américains / Ils sont moins enclins à investir en France que par le passé
Retour en arrière. Difficile d’être optimiste à la lecture du baromètre de l’AmCham France et Bain & Company consacré au moral des investisseurs américains installés dans l’Hexagone. Ces derniers dressent un constat pessimiste que ce soit dans le court terme – en étant 55 % à arguer que la situation économique française s’est dégradée en 2025 – ou dans le plus long terme, puisqu’ils sont 41 % à tabler sur une nouvelle dégradation lors des deux à trois ans à venir.
Les répercussions sont immédiates, les dirigeants interrogés expliquent que ce contexte macroéconomique détérioré est désormais synonyme d’impact négatif pour les projets en France de 35 % des répondants, là où ils n’étaient que 15 % à avancer cette raison il y a un an. L’optimisme n’est pas de mise étant donné que les dirigeants interrogés par la Chambre de Commerce Américaine en France sont d’une part 28 % à prévoir une baisse de leur effectif et de l’autre ils ne sont que 18 % à envisager des créations de postes ciblées. Majoritairement dans des secteurs échappant à la conjoncture économique maussade, parmi lesquels l’aéronautique et la défense.
Endémique
Le manque de certitude associé à l’environnement institutionnel et politique pèse lourd – 94 % des investisseurs le considérant comme à risque en 2026 – et d’autant plus qu’une large majorité d’entre eux ne pense pas que des réformes structurelles seront entamées d’ici la prochaine élection présidentielle. Un manque de confiance palpable qui s’ajoute aux faiblesses structurelles de la France, qui ne vont pas en s’améliorant bien au contraire. Le baromètre évoquant un « niveau de fiscalité jugé élevé et peu prévisible », une lourdeur administrative et réglementaire encore et toujours présente, ainsi qu’un coût global de la main-d’œuvre élevé auquel s’ajoute une rigidité du droit du travail.
Tout cela associé à une stabilité politique qui est devenue une fragilité, tout comme le climat social l’est. Cela explique la moins bonne image de la France auprès des maisons-mères. Ce sont désormais « seuls 30 % des répondants [qui] jugent aujourd’hui la perception de la France bonne ou excellente, soit un recul de 34 points en quatre ans ». Les investisseurs sont près de 90 % à considérer que l’amélioration de l’attractivité française passera « prioritairement par des réformes structurelles, au premier rang desquelles figurent la simplification administrative et la réduction des charges fiscales et sociales ». Un constat qu’on retrouve logiquement « dans le NPS (net promoter score, indicateur évoluant la probabilité de recommander un choix ndlr) de la France comme destination d’investissement, qui demeure fortement négatif à -36 %, malgré une légère amélioration sur un an ».
Résorber
Tout n’est pas perdu pour autant, Marc-André Kamel, Senior Partner chez Bain & Company et Vice-Président de l’AmCham France expliquant ce matin que « restaurer la confiance passe par des décisions rapides, concrètes et lisibles en matière de stabilité politique, de simplification administrative et de compétitivité. Si ces conditions sont réunies, la France peut renouer avec une dynamique d’investissement durable ». La Chambre de Commerce Américaine en France donne à ce titre plusieurs recommandations. Celles-ci sont au nombre de cinq, la première étant liée à l’attractivité du marché français qu’il faut sécuriser notamment en affichant un cap économique clair et trans-partisan.
On retrouve également le serpent de mer de l’aboutissement du projet de loi simplification en bonne place dans cette liste, tout comme la nécessité de disposer d’une fiscalité allégée, plus lisible et prévisible. Enfin, les deux dernières recommandations sont d’une part de « repositionner la transition écologique comme un levier différenciant de compétitivité française » et de l’autre de capitaliser sur les succès du système de formation français. Notamment en travaillant à retenir les talents dans l’Hexagone.
Ne pas s’engager dans cette voie semble d’autant plus une mauvaise idée que les autres pays européens ne restent pas les bras croisés, le baromètre mettant en avant l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne comme les principaux concurrents de la France à date. Rome tirant profit d’une « perception améliorée de sa stabilité », là où Berlin peut s’appuyer sur son tissu industriel et Madrid bénéficie tant d’une croissance plus conséquente que d’une meilleure trajectoire budgétaire. D’autres pays européens présentent également des atouts considérables pour les investisseurs américains, c’est le cas pour l’Irlande, le Luxembourg et la Suisse en ce qui concerne les critères de coûts et de fiscalité.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

