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Levées de fonds

Levées de fonds

Levées de fonds dans la French Tech : en 2025, la sélectivité aura été le maître mot / La deeptech au centre du jeu

En 2025, les investissements dans le capital-risque en France ont été marqués par un fort recul du nombre d’opérations, ces dernières ayant été concentrées sur des entreprises déjà matures, opérant dans des secteurs à caractère souverain et spécialisées sur des technologies de rupture. Des priorités de bon augure pour la deeptech dont les financements ont nettement augmenté, en grande partie grâce à l’IA. Elle a toutefois pâti, comme le reste de la French Tech, d’un ralentissement acté sur le segment de l’early-stage, faisant peser un risque de déséquilibre pour la suite.
(Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)

Moins de transactions, mais des investissements plus concentrés et plus stratégiques. En 2025, le nombre d’opérations de levées de fonds dans le capital-risque français a nettement marqué le pas : selon le baromètre d’In Extenso Innovation Croissance, de l’ESSEC et France Angels, elles ont en effet été 709 à répondre à l’appel l’année dernière, soit une baisse de 37 % sur un an. À l’inverse, les montants levés se sont appréciés de 25 % pour atteindre plus de 9 milliards d’euros. Des dynamiques qui contrastent sur le plan du volume et de la valeur, illustrant une orientation claire des investisseurs vers les acteurs les plus matures ou aux technologies à forts enjeux, explique le rapport.

De fait, les segments compris entre 100 et 250 millions d’euros concentrent, à eux seuls, plus de la moitié des capitaux ayant été levés par des start-ups françaises. Ils ont d’ailleurs retrouvé des niveaux proches de ceux de 2021, tandis que ceux inférieurs à 15 millions d’euros ont nettement reculé. "Le marché se concentre sur les dossiers présentant déjà une traction significative, et un positionnement différenciant, au détriment du pipeline early stage", remarque le rapport. "Ce déplacement vers le haut de marché traduit une volonté de renforcer des champions technologiques captables d’atteindre rapidement l’échelle industrielle, dans un contexte où les investisseurs cherchent à limiter la dispersion du capital", ajoute-t-il.

Les secteurs à caractère "souverain" et les technologies de rupture (deeptech) ont été les premiers bénéficiaires de cette dynamique, indique le baromètre : intelligence artificielle (IA), semi-conducteurs, photonique, énergie ou encore spatial ont été parmi les secteurs à attirer une grande part des montants levés l’an passé, soutenus à la fois par l’intérêt des fonds privés, des corporate et du financement public. Résultat de cette recomposition : la deeptech a signé une année record, en levant 3,9 milliards d’euros, soit une hausse de 45 %. "L’effet ‘aimant de l’IA’ joue à plein régime avec Mistral AI et Genesis AI qui captent une part disproportionnée des montants deeptech", observe le rapport. La pépite française de l’IA générative a, pour mémoire, levé 1,7 milliard d’euros au mois de septembre tandis que la seconde entreprise, franco-américaine et spécialisée dans l’IA appliquée à la robotique, a levé 105 millions de dollars en juillet auprès d’Eclipse et Khosla Ventures, avec la participation de Bpifrance, HSG, Eric Schmidt et Xavier Niel.

 

Permettre l’industrialisation

 

D’autres grandes levées de fonds ont aussi animé l’année 2025 de la deeptech française, à l’instar de celle de 100 millions d’euros du spécialiste du quantique Alice et Bob, de celui du new space Loft Orbital (170 millions d’euros) ou encore Adcytherix, une biotech spécialisée dans le développement de traitement contre le cancer (105 millions d’euros en série A). "Dans l’ensemble, le top 10 deeptech 2025 illustre une montée en gamme du marché", résume le baromètre d’In Extenso Innovation Croissance ajoutant qu’au-delà de la domination de l’IA et de la montée des technologies souveraines, les grandes opérations deeptech de 2025 se sont aussi caractérisées par les ambitions d’industrialisation de la biotech et de la climate tech. Ce fut entre autres le cas de Spark Cleantech (décarbonation de l’industrie), qui a levé 30 millions d’euros en décembre afin de commercialiser son premier module de production en 2027.

D’une manière plus générale et à l’inverse de la période 2018-2021, où les séries A dominaient, la forte croissance du segment des tours compris entre 15 et 40 millions d’euros dans la deeptech française semble être de bon augure pour leur permettre de passer à l’échelle sur le plan industriel, explique l’étude. En revanche, comme dans l’ensemble de la French Tech, le segment seed et pre-seed reste sous tension dans la deeptech, note le rapport. L’on y retrouve effectivement peu d’opérations, pour des montants faibles.

De quoi faire peser un risque potentiel sur l’alimentation future du pipeline d’innovation et de rupture de ce dernier. "La fragilité persistante du financement early-stage constitue l’enjeu central des prochaines années. Sans mécanismes correctifs — publics comme privés — le risque d’un affaiblissement durable du pipeline d’innovation devient tangible, notamment dans les domaines clés de la deeptech, de la santé, de l’énergie ou de la cybersécurité. La capacité à reconnecter amorçage, capital-risque et politiques industrielles apparaît désormais comme un levier déterminant de souveraineté et de résilience économique", anticipe In Extenso Innovation Croissance.

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